Sports

Ne montera plus au sommet de l'Everest qui veut

Temps de lecture : 2 min

Avec 11 victimes lors de la dernière saison, le Népal est contraint de revoir les normes d'accès au site.

Une personne blessée est transportée dans le camp de base de l'Everest, le 24 avril 2018 | Prakash Mathema / AFP
Une personne blessée est transportée dans le camp de base de l'Everest, le 24 avril 2018 | Prakash Mathema / AFP

Cette dernière saison touristique au Népal avait été bien meurtrière pour les alpinistes convoitant l'Everest. L'engorgement sur les crêtes du sommet, lié à la surfréquentation du lieu, et l'inexpérience de certain·es randonneur·euses ont coûté la vie à onze d'entre eux en mai dernier –neuf du côté népalais, deux du côté tibétain. Au regard de cette situation, le Népal a dû prendre des mesures restrictives.

Toutes et tous les alpinistes cherchant un permis pour l'Everest devront désormais pouvoir se justifier d'une expérience préalable de l'alpinisme en haute altitude et d'un entraînement conséquent.

Alpinistes confirmé·es

Ces réquisits ont été formulés par une commission chargée d'examiner la sécurité en haute altitude pour le gouvernement népalais, qui devrait les inscrire dans la loi prochainement. La commission avait été mise en place à la suite de critiques émises par des guides de montagne et des alpinistes sur les conditions d'accès au site: toute personne payant 10.000$ (soit 8960€) pouvait jusqu'ici obtenir un permis pour entreprendre de gravir l'Everest.

En plus d'un certificat de bonne santé et condition physique, les alpinistes devront donc au préalable avoir gravi au moins un sommet népalais de 6.500 mètres: si l'Everest est le plus haut sommet sur Terre, atteignant 8.848 mètres d'altitude, le Népal contient huit des quatorze plus hautes montagnes du monde.

Goulets d'étranglement

«Les alpinistes sont mort·es à cause du mal de l'altitude, d'une crise cardiaque, de l'épuisement ou de faiblesses, et non à cause des embouteillages», affirme Mira Acharya, membre de la commission. Selon elle, les équipements obligatoires et la nécessité d'être accompagné par un guide visent déjà à dissuader les ascensions en solo, dont l'entreprise est dangereuse.

Pourtant, ces embouteillages, survenus dans ce qu'on appelle la «zone de la mort» –au-delà de 8.000 mètres d'altitude, la raréfaction de l'oxygène est telle que le corps humain est incapable de s'accommoder à cet environnement– ont bien contribué à mettre en danger des centaines d'alpinistes, obligé·es de faire la queue sur les derniers mètres du sommet, jusqu'à épuiser leurs bouteilles d'oxygène.

Cette année, le Népal avait délivré 381 permis pour l'Everest. Avec un coût total estimé entre 55.000 et 70.000€ pour l'ascension de l'Everest (des prix proposés par les agences comprenant le coût du permis, de la pension, du sherpa, des bouteilles d'oxygène et du vol vers le Népal), l'alpinisme est une source essentielle de revenus et d'emplois pour le Népal.

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