Santé / Sciences

Des Pyrénées aux Rocheuses, le plastique envahit nos montagnes

Temps de lecture : 2 min

Portés par le vent, des microplastiques viennent se mêler à la pluie et à la neige.

Vous ne le voyez pas, pourtant le plastique est bien là. | 12019 via Pixabay
Vous ne le voyez pas, pourtant le plastique est bien là. | 12019 via Pixabay

Des profondeurs de l'océan jusque dans nos entrailles, le plastique est absolument partout. Même dans nos montagnes. Ces mastodontes rocheux, pourtant éloignés de toute production industrielle, voient arriver en même temps que la pluie et la neige de gigantesques quantités de fibres plastiques microscopiques multicolores.

C'est ce que démontrent deux études intitulées «It is raining plastic» [Il pleut du plastique] et «Atmospheric transport and deposition of microplastics in a remote mountain catchment» [Transport atmosphérique et dépôt de microplastiques dans un bassin de montagne éloigné].

La première, réalisée dans les montagnes du Colorado –les Rocheuses– a révélé que l'eau de pluie contenait un arc-en-ciel de fibres de plastique, ainsi que des perles et des fragments.

Dans la seconde, parue le 15 avril 2019 dans la revue Nature Geoscience, des scientifiques ont mesuré cinq mois durant, en 2017 et 2018, les quantités de morceaux de plastique –dont la taille est comprise entre 10 et 150 microns de large, qu'on appelle microplastiques– présentes à 1.400 mètres d'altitude, dans le massif pyrénéen, sur le versant français.

Le vent comme mode de transport

«C'est dans la pluie, c'est sous la neige. C'est une partie de notre environnement maintenant», a déclaré Gregory Weatherbee, l'un des auteurs de l'étude réalisée dans le Colorado.

Dans les Pyrénées, l'équipe de recherche a dénombré en moyenne 365 minuscules morceaux de plastique apparaissant chaque jour, dans chaque mètre carré de terrain étudié. Et ce alors qu'aucune source évidente de plastique n'existait à 100 kilomètres à la ronde, indique Deonie Allen, autrice de l'étude, à National Geographic.

Pour Sherri Mason, chercheuse en microplastiques et coordinatrice de la durabilité à Penn State Behrend, les déchets sont le principal problème. Plus de 90% des déchets plastiques ne sont pas recyclés, et à mesure qu'ils se dégradent, ils se décomposent en morceaux de plus en plus petits. Ils sont ensuite transportés par le vent, dans la mer, dans nos rivières, dans nos villes et dans nos montagnes.

Réduire notre dépendance

Ainsi, animaux et êtres humains continuent de consommer des microplastiques par l'intermédiaire de l'eau et des aliments. De plus, nous respirons probablement des particules micro voire nanoplastiques.

Pourtant, il est encore difficile, au vu de l'ensemble des produits chimiques auxquels nous sommes exposé·es depuis notre naissance, de connaître les effets du plastique sur notre santé, explique Sherri Mason. «Mais nous en savons assez pour dire que respirer du plastique n'est probablement pas une bonne chose, et que nous devrions commencer à réduire considérablement notre dépendance à son égard.»

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