Société

Comment éviter de se faire piquer ses frites par des mouettes

Temps de lecture : 2 min

Les toiser avec mépris. Succès garanti.

«En ville, le comportement des mouettes s'aligne sur celui des humains.» | Anna Poskakukhina via Unsplash
«En ville, le comportement des mouettes s'aligne sur celui des humains.» | Anna Poskakukhina via Unsplash

Neil Fraser vit à Aberdeen, sur les bords de la mer du Nord en Écosse. Un matin, alors qu'il se promenait sur l'avenue principale, le sandwich poulet-bacon dans lequel il s'apprêtait à croquer a tout à coup disparu. Le temps qu'il réalise ce qu'il venait de lui arriver, il était déjà trop tard, «la mouette et le sandwich étaient tous deux envolés», raconte-t-il au New York Times.

L'histoire de Neil, c'est peut-être la vôtre et celle de votre barquette de frites dévalisée par les attaques du volatile. C'est que le nombre de mouettes ne cesse d'augmenter en ville, alors qu'il a singulièrement diminué dans les zones de bord de mer où on les trouvait traditionnellement. Il n'y a désormais plus besoin d'habiter à Marseille ou à Bordeaux pour entendre leur doux cri au-dessus de nos têtes; il suffit de se promener sur les bords de Seine. À Alger, on leur donne même le délicieux surnom de «rats du ciel».

Mais c'est au Royaume-Uni que les mouettes posent vraiment problème, avec quelque 100.000 couples nicheurs en zone urbaine pour 149.000 volatiles. Les Britanniques ont tout essayé pour contrer leurs inépuisables attaques, des panneaux «ne pas nourrir les mouettes» aux traditionnels bâtons et autres parapluies à agiter au-dessus de sa tête en passant par le fil de fer sur les toits pour les empêcher d'y faire leur nid. Un pub d'Aberdeen a même distribué des pistolets à eau à sa clientèle. Rien à faire. Heureusement, une équipe de recherche pense avoir trouvé la solution.

Tout est dans l'eye contact

Publiée le 7 août dans le Royal Society Magazine, cette étude arrive à point nommé pour nous sauver cet été. D'un paquet de chips placé en appât aux pieds d'un expérimentateur, les scientifiques ont testé la témérité des mouettes. Sur les 74 volatiles soumis à l'épreuve du paquet de chips, seulement 47 se sont aventurés à chaparder, 19 quand l'expérimentateur les regardait.

Ce constat rejoint celui de la propension à l'attaque surprise, pour éviter le contact visuel qu'une mouette pourrait avoir avec sa victime. «En ville, le comportement des mouettes s'aligne sur celui des humains. Elles considèrent notre regard comme une agression», peut-on lire dans l'étude.

À l'image de l'adage «c'est pas la petit bête qui va piquer la grosse», nous sommes pour les mouettes des animaux assez menaçants pour qu'il nous suffise de les toiser pour les faire fuir. Une méthode aux résultats plus efficaces que d'agiter vainement nos bras au-dessus de notre tête. Et qui aurait peut-être pu sauver Melanie Daniels, l'héroïne des Oiseaux de Hitchcock.

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