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Après la tuerie d'El Paso, Trump parle encore d'«invasion» hispanique

Temps de lecture : 2 min

La campagne de réélection du président a déclaré que le terme continuerait d'être utilisé dans les publicités politiques pro-Trump.

Une pancarte «vos mots ont des conséquences» lors d'une manifestation anti-Trump à El Paso au Texas, le 7 août 2019. MARIO TAMA / AFP 
Une pancarte «vos mots ont des conséquences» lors d'une manifestation anti-Trump à El Paso au Texas, le 7 août 2019. MARIO TAMA / AFP 

Dans son manifeste raciste posté sur le site 8chan, le tueur qui a abattu vingt-deux personnes le 3 août à El Paso, la plupart d'origine latino-américaines, dénonçait une «invasion hispanique du Texas». Dans un discours sur cette fusillade, le président Donald Trump a déclaré que «notre nation doit condamner le racisme, l'intolérance et la suprématie blanche».

Il s'agissait de mots lus sur un téléprompteur, mais lorsque le président parle de façon plus spontanée, il évoque régulièrement l'«invasion» hispanique du pays (plus de sept fois en une minute lors d'un discours en Floride en mai dernier). Son équipe a précisé que ce terme continuerait d'être utilisé après le massacre d'El Paso.

En effet, contacté par le New York Times au sujet des nombreuses publicités pour la réélection de Trump qui dénoncent une supposée invasion hispanique des États-Unis, un représentant de l'équipe du président a répondu: «En contestant toute description exacte de la situation, les Démocrates et les médias tentent de rendre impossible de s'opposer à l'immigration illégale sans être accusé de racisme».

Pourtant, parler d'invasion hispanique est inexact. Il y a certes une crise humanitaire à la frontière avec le Mexique, avec des dizaines de milliers de personnes migrantes et demandeuses d'asile qui se présentent aux États-Unis chaque mois, mais ils et elles sont pour la plupart appréhendées, placées dans des centres de rétention, puis souvent expulsées. Avant l'élection de Trump, seuls les extrémistes marginaux parlaient d'invasion hispanique, mais le terme est devenu beaucoup plus commun au sein du parti républicain.

Malgré le contexte de la fusillade d'El Paso, un journaliste de Fox & Friends, l'émission préférée du président, continuait d'expliquer que le terme d'invasion était entièrement justifié:

«Utiliser le terme "invasion" n'est pas anti-hispanique, c'est un fait.»

De même, pendant des mois, Trump et ses alliés, notamment sur Fox News, avaient donné l'impression qu'une caravane de milliers de demandeurs d'asile venue d'Amérique Centrale, représentait une «invasion», une menace imminente pour les États-Unis. Une obsession partagée par l'auteur de la tuerie antisémite de Pittsburgh en octobre 2018. En ligne, le tueur avait mentionné les «envahisseurs» de la caravane de migrants, qu'il soupçonnait d'être financée par des associations juives.

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