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En Australie, un chat sauvage décime à lui seul une colonie d'oiseaux rares

Temps de lecture : 2 min

L'histoire d'un chat qui sème la terreur dans une réserve ornithologique.

Les chats, de dangereux meurtriers, à l'origine de la mort de 377 millions d'oiseaux et 649 millions de reptiles chaque année. | Jonnelle Yankovitch via Unsplash
Les chats, de dangereux meurtriers, à l'origine de la mort de 377 millions d'oiseaux et 649 millions de reptiles chaque année. | Jonnelle Yankovitch via Unsplash

Il est tard. La nuit est tombée sur la ville de Mandurah en Australie. Dans la réserve des sternes néréis, une espèce en voie de disparition endémique d'Australie, il n'y a que quelques cris d'oiseaux pour briser le silence.

Une forme se détache entre les arbres. C'est un chat blanc et élancé, ce bandit a déjà étripé plusieurs dizaines d'oisillons. On le chasse, mais il reviendra plusieurs fois cette nuit-là. Il fera fuir moins d'un mois plus tard les quelques 220 oiseaux qui s'étaient installés là, après avoir tué à lui seul huit adultes et quarante petits.

À Mandurah, tout le monde est sous le choc. C'est que les sternes néréis avaient disparu depuis longtemps de la région. Mais en septembre, une petite cinquantaine avait été observée et la ville avait décidé de clôturer la zone pour leur permettre d'y faire leur nid.

Sensibles à la présence humaine, on avait demandé à la population de se tenir éloignée des oiseaux et de veiller à ce que chiens et chats domestiques fassent de même. C'était sans compter les chats sauvages, ou plutôt l'unique chat sauvage qui a entrepris de décimer chaque nuit la colonie d'oiseaux. Les filatures nocturnes du voisinage et des équipes de biologistes n'y ont rien fait.

Face à la menace, les oiseaux ont cessé de s'intéresser à leurs petits. Ils ne les protégeaient même plus des rapaces. «La colonie s'est complètement désintégrée», se désole Claire Greenwell, une biologiste qui a participé aux filatures du félin, interviewée par The Atlantic. Les sternes néréis n'auront passé que quatre mois à Mandurah.

La menace féline

Cette histoire, c'est surtout celle d'une espèce endémique qui a évolué sans jamais avoir été confrontée au chat. Il faut dire que l'Océanie est le seul continent avec l'Antarctique, où la faune s'est développée sans ce félin. C'est pourquoi le massacre des sternes néréis a pris une telle ampleur alors qu'il n'y avait qu'un seul prédateur.

Les chats sauvages sont désormais présents sur 99,8% de l'île qui abrite 83% d'espèces endémiques, peu préparées à leurs attaques. D'après les estimations d'une étude parue en 2017, ils seraient entre 2,1 millions et 6,3 millions à rôder sur les terres australiennes et responsables de la mort de 377 millions d'oiseaux et 649 millions de reptiles chaque année.

Cet incident à Mandurah fait écho à la décision du gouvernement australien en 2015 d'abattre deux millions de chats sauvages. Une mesure que Brigitte Bardot avait qualifié de «génocide animalier inhumain et ridicule».

Comme alternative, on avait évoqué la méthode «Trap, Neuter, Return» soit «capturer, castrer, libérer» pour que la population de chats sauvages s'éteigne d'elle-même, sans avoir à l'exterminer froidement. Ce félin de Mandurah était pourtant castré. À court terme, la mesure est donc inefficace pour protéger la faune australienne.

L'Australie se retrouve alors face à un dilemme: les chats ou la faune. À coup de saucisses empoisonnées, il semblerait que le choix soit déjà fait.

Slate.fr

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