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Les Philippines, pays le plus meurtrier pour les activistes écologistes

Temps de lecture : 2 min

En 2018, trente personnes ont perdu la vie sur l'archipel pour avoir défendu l'environnement.

Des militans écologistes en mission sur l'île de Palawan, aux Philippines, le 26 septembre 2017. | Karl Malakunas / AFP
Des militans écologistes en mission sur l'île de Palawan, aux Philippines, le 26 septembre 2017. | Karl Malakunas / AFP

«Taisez-vous et laissez-nous continuer notre business»: la formule résume la position de beaucoup de sociétés et de responsables politiques encourageant des actions néfastes pour l'environnement. Un nombre toujours plus important de militant·es écologistes persistent malgré tout à se battre contre des projets miniers, forestiers ou agro-industriels et à lutter contre le braconnage –parfois au prix de leur vie.

Selon un rapport de l'ONG Global Witness, 164 activistes du monde entier ont été tué·es en raison de leurs convictions en 2018, soit plus de trois personnes chaque semaine.

Surpassant pour la première fois le Brésil, les Philippines sont devenues le pays le plus meurtrier pour les écologistes, avec trente assassinats en un an.

Un tiers de ces décès sont survenus sur l'île de Mindanao, où l'administration du président Rodrigo Duterte compte affecter 1,6 million d'hectares de terres à des plantations industrielles. Plus largement, la moitié des meurtres aux Philippines étaient liés à l'agrobusiness.

Dangereuse Amérique latine

Depuis 2012, l'année où Global Witness a commencé à recenser les assassinats, le Brésil occupait invariablement la première place. S'il a été détrôné en 2018, l'Amérique latine reste particulièrement touchée: cinq États du continent (la Colombie, le Brésil, le Guatemala, le Mexique et le Honduras) font partie des dix pays les plus risqués pour les activistes. Avec vingt-trois morts, l'Inde arrive quant à elle en troisième position.

L'ONG prévient que ces chiffres sont probablement sous-estimés, certains meurtres n'étant pas signalés. Elle met également en garde contre les pressions croissantes exercées par les entreprises et les gouvernements pour faire taire les voix dissidentes.

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À cet égard, Alice Harrison, responsable de campagne pour Global Witness, indique au Guardian que «le recours aux tribunaux pour criminaliser les défenseurs de l'environnement est une autre arme d'oppression de plus en plus utilisée, à la fois dans les pays du Sud et du Nord, contre les personnes menaçant le pouvoir et les profits des gouvernements et des grandes entreprises».

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