Égalités / Santé

Pourquoi avons-nous si envie de chocolat avant nos règles?

Temps de lecture : 2 min

La fringale est l'un des symptômes les plus signalés du syndrome prémenstruel.

Sérotonine ou progestérone, la cause semble être hormonale. | Toa Heftiba via Unsplash
Sérotonine ou progestérone, la cause semble être hormonale. | Toa Heftiba via Unsplash

Une faim irrépressible, une humeur maussade, un mal de ventre à se plier en deux et des seins très tendus: toutes ces douleurs ont une origine commune, le syndrome prémenstruel (SPM).

Souvent méprisé et perçu comme une excuse pour se la couler douce et manger beaucoup de chocolat, le SPM peine à faire son chemin dans nos consciences.

Associée au culte de la minceur qui nous fait parfois nous sentir coupable de choisir une glace au chocolat plutôt qu'une pomme, la fringale liée au syndrome prémenstruel est encore plus difficile à faire admettre. Elle est pourtant l'un des symptômes les plus signalés parmi les 150 associés au SPM.

Ces dernières décennies, plusieurs études ont attesté de la corrélation entre syndrome prémenstruel et faim. Une enquête menée dans une prison pour femmes de l'État de New York en 1953 soulignait déjà l'existence d'une «tension prémenstruelle», dont les effets seraient atténués par un régime plus riche en produits laitiers et protéines.

Que sait-on de plus aujourd'hui? Pas grand-chose, et c'est bien le problème.

Hormones en folie

Quand on se penche sur nos aliments de prédilection en période de fringale, les glucides et les graisses arrivent en tête –d'où le succès du chocolat, savant mélange des deux.

Le choix n'a rien d'étonnant, dans la mesure où ces sources d'énergie sont de puissants antidépresseurs libérant de la sérotonine, l'hormone du bonheur, dans notre organisme.

D'après une étude canadienne, notre corps réclamerait plus de glucides pour compenser nos sautes d'humeur et nos idées noires, dans un mécanisme d'automédication.

Une autre théorie avance qu'il s'agit d'un processus volontaire, cette fameuse «alimentation émotionnelle» que l'on ira délibérément chercher parce que l'on sait qu'elle nous apportera du réconfort.

Une troisième hypothèse impute la perturbation de nos habitudes alimentaires en période de SPM aux changements hormonaux intervenant lors de la phase lutéale, qui survient après l'ovulation et avant le début des menstruations.

L'augmentation du taux de progestérone et la baisse du taux d'œstrogènes durant cette phase lutéale nous pousserait à manger davantage que pendant la phase folliculaire, qui s'étend du premier jour des règles à l'ovulation.

L'influence avérée des pilules progestatives (qui contiennent une hormone agissant de manière identique à la progestérone) sur le poids des femmes qui commencent à la prendre conforte cette piste.

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Si la recherche n'est pas encore parvenue à élucider les causes du syndrome prémenstruel et de la sensation de faim associée, c'est aussi que le sujet semble souffrir d'un désintérêt du milieu académique: on compterait cinq fois plus d'études consacrées aux dysfonctionnements érectiles qu'au syndrome prémenstruel, alors qu'il concerne une part bien plus importante de la population.

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