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À San Francisco, le personnel de restauration de Facebook manifeste contre sa précarité

Temps de lecture : 2 min

L'entreprise fait un chiffre d'affaires annuel de plus de 55 milliards de dollars.

Un chiffre d'affaires de 56 milliards de dollars, des profits de 22 milliards et des employé·es sous-payé·es. | Pixabay via Pexels
Un chiffre d'affaires de 56 milliards de dollars, des profits de 22 milliards et des employé·es sous-payé·es. | Pixabay via Pexels

L'image à la cool des employé·es de Facebook qui mangent en sweat et baskets des scones gracieusement offerts par leur entreprise cache quelque peu la réalité du personnel qui les sert et cuisine. Il y a quelques jours, les personnes qui travaillent dans les services de restauration sont sorties de l'ombre pour protester.

Le 16 juillet on pouvait lire en bas du 181 Fremont, un des plus hauts gratte-ciels de San Francisco et bureau de Facebook, des slogans tels que «un seul travail, c'est suffisant» ou «ensemble à San Francisco, séparés bientôt». Le message est clair: forcé·es de multiplier les jobs ou de trouver un appartement hors de la ville, les employé·es de restauration de Facebook sont à bout.

Nate Percastre gagne 23 dollars de l'heure comme cuisinier chez Facebook. Un salaire largement suffisant s'il n'habitait pas dans l'une des villes les plus chères du monde. À San Francisco, le loyer moyen est de 3.690 dollars, soit trois fois plus cher qu'à Paris. Une hausse encouragée par la présence de géants de la tech. «Facebook essaye de nous payer le même salaire que dans les autres villes et c'est inacceptable. Nous sommes à San Francisco. Le coût de la vie est beaucoup plus cher», proteste Nate Percastre dans une interview au Guardian.

Facebook peut se le permettre

À la suite de la manifestation, Flagship Facility Services, la compagnie qui emploie le personnel de restauration pour Facebook a cru bon de rappeler qu'elle offrait «aux employés de San Francisco des salaires et des avantages sociaux conformes à ceux des autres employés de Flagship de Menlo Park, Seattle, New York et Fremont». Or c'est justement la principale doléance du personnel de San Francisco. «Comparer San Francisco avec d'autres villes montre bien combien ils sont en décalage avec ce dont nous avons besoin», déplore Anand Singh, le président du syndicat Unite Here Local 2 qui a organisé la manifestation.

Si la situation est peu ou prou la même pour tout le personnel de restauration de la ville, il est problématique que l'initiative de cette manifestation revienne au personnel d'une entreprise qui a gagné 55,8 milliards de dollars en 2018 et qui a l'ambition de faire un monde meilleur, «sain pour les gens et la société», pour reprendre les mots de Marc Zuckerberg.

Delfina Ramirez, jeune mère de 24 ans, cumule trois jobs: cuisinière de 6 heures du matin à 14 heures chez Facebook, conductrice pour Uber pendant 5 ou 6 heures l'après-midi, extra le week-end à des évènements. «Nous voulons simplement que Facebook nous soutienne parce que nous travaillons pour eux et qu'ils gagnent énormément d'argent», a-t-elle confié au San Francisco Examiner. «Qui peut se le permettre sinon l'industrie des nouvelles technologies?», ajoute Anand Singh, le président de Flagship Facility Services, appuyé par un tweet de Bernie Sanders.

En marge du débat, soulignons toutefois ce que révèle sur les inégalités aux États-Unis la nécessité de devoir pratiquer des «salaires différenciés» selon les régions.

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