Égalités / Culture

Aux États-Unis, un musée d'art africain réunit une collection d'œuvres de femmes

Temps de lecture : 2 min

La Smithsonian Institution (Washington) a choisi vingt-sept femmes d'origine africaine dans sa collection permanente le temps de l'exposition «I am... Contemporary Women Artists of Africa».

Il y a cinq ans, ce musée regrettait que seuls 11% des artistes représenté·es dans leur galerie étaient des femmes. | StockSnap via Pixabay
Il y a cinq ans, ce musée regrettait que seuls 11% des artistes représenté·es dans leur galerie étaient des femmes. | StockSnap via Pixabay

«I am Woman» entonnait Helen Reddy en 1971. Elevée au rang d'hymne féministe, cette chanson exprimait la passion de l'Australienne pour l'indépendance de la femme. Quarante-huit ans plus tard, en juillet 2019, le Smithsonian’s National Museum of African Art a décidé de s'en inspirer et d'extraire de sa collection permanente les réalisations de femmes d'origine africaine le temps d'une exposition qui se tiendra à Washington jusqu'en 2020, «I am... Contempory Women Artists of Africa».

Un projet poussé par un constat: l'inégale représentation des œuvres faites par des femmes dans le monde de l'art. Il y a cinq ans, ce musée regrettait que seuls 11% des artistes représenté·es dans leur galerie étaient des femmes. Aujourd'hui, leur part dans la collection a doublé pour atteindre les 22%.

Cette exposition qui regroupe vingt-sept femmes artistes issues de la collection permanente du musée met en lumière des œuvres modernes et contemporaines de femmes d'origine africaine, mondialement connues pour certaines –Ghada Amer, Zanele Muholi ou encore Wangechi Mutu.

Peintures, courtes vidéos, sculptures multimédias, textiles, céramiques ou encore photographies... le choix des œuvres et la scénographie mettent l'accent sur le caractère et le style unique de ces artistes.

Un véritable combat

«Ce que vous voyez, c'est une femme qui est... en pleine possession de son espace, en possession de son histoire», expliquait la commissaire Karen Elizabeth Milbourne, devant l'autoportrait «Wedding Souvenirs» de la Nigériane Njideka Akunyili Crosby.

Cette explosion traite de la place de la femme. Prise dans les ravages de la guerre d'abord, comme le montre la robe haute-couture d'une autre Nigériane, Patience Torlowei, qui dépeint aussi l'extraction de pétrole et l'exploitation des diamants de sang en Afrique.

La galerie traite également de sujets politiques très contemporains. La sculpture «Past/Futur» qui laisse apparaître une femme courbée, couverte de passoires en métal, de tiges de palmiers, de filets et d'objets du quotidien évoque la dureté du travail des femmes et critique le statut inférieur des personnes LGBTQ dans de nombreuses régions d'Afrique.

Cette exposition permet de donner plus de visibilité aux artistes féminines et aux messages qu'elles souhaitent véhiculer. Une initiative que la France ferait bien d'imiter. Alors «qu'elles constituent 80% des effectifs des écoles d'art», selon Camille Morineau, directrice artistique de la Monnaie de Paris, elles ne sont que huit dans le top 100 des artistes ayant vendu le plus en France entre 2012 et 2013. Le signe flagrant d'un manque d'engagement.

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