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En Arabie saoudite, elle perd la garde de sa fille à cause de photos en bikini

Temps de lecture : 2 min

Pendant le procès, son ex-mari a accusé la jeune femme américaine de porter des habits inappropriés et de gérer un studio de yoga.

C'est finalement la mère de l'ex-mari qui a obtenu la garde de la petite fille. | Fayez Nureldine / AFP
C'est finalement la mère de l'ex-mari qui a obtenu la garde de la petite fille. | Fayez Nureldine / AFP

Bethany Vierra, une Américaine qui a épousé un Saoudien en 2013, a perdu la garde de leur fille de quatre ans à l'issu d'un procès en Arabie saoudite. Pour convaincre les juges que Vierra ne pouvait pas être une bonne mère, son ex-mari leur a montré des photos d'elle en bikini et en pantalon de yoga, des vêtements interdits dans le pays. Il a aussi expliqué que comme Vierra gérait un studio de yoga, le premier du pays, elle n'aurait pas le temps de s'occuper de leur fille, Zeina.

De son côté, Bethany Vierra a montré des vidéos de son ex-mari en train de fumer des joints et de l'insulter devant leur fille. Mais ses dépositions n'ont presque aucune valeur au tribunal dans la mesure où Vierra n'avait pas de témoins masculins pour confirmer ses propos.

Comme l'explique le New York Times, dans ces cas de divorce, les tribunaux saoudiens veulent avant tout s'assurer que l'enfant sera élevé conformément à une version stricte de l'islam:

«Comme la mère est une nouvelle convertie à l'islam et une étrangère dans ce pays, et qu'elle suit les us et coutumes du pays de son enfance, nous devons éviter d'exposer Zeina à ces traditions», a écrit le juge dans sa décision.

Au bout du compte, c'est la mère de l'ex-mari qui a obtenu la garde de Zeina. Bethany Vierra, qui était venue en Arabie saoudite pour enseigner l'anglais en 2011, est parvenue à obtenir un divorce en 2017, mais son ex-mari a ensuite fait un procès pour obtenir la garde de leur fille.

Conformément aux lois saoudiennes, bien que Vierra soit divorcée, son ex-mari continue d'être son tuteur légal et peut donc lui interdire certains déplacements. Il l'a notamment empêchée d'aller voir sa famille aux États-Unis et n'a pas renouvelé son visa, ce qui signifie qu'elle ne pouvait plus accéder à son compte en banque.

Ce n'est que grâce à la médiatisation de son cas que les autorités lui ont finalement accordé le droit de rester légalement dans le pays. «Ce n'est pas juste mon histoire –il y a bien pire», a expliqué Vierra en faisant référence à toutes les Saoudiennes qui avaient vécu des procès similaires.

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