Société

Si vous nagez en plein bonheur, évitez vos proches

Temps de lecture : 2 min

Curieusement, quand on se sent bien, on aurait plutôt envie de rencontrer des gens qu'on ne connaît pas.

Le bonheur que vous ressentez autour d'un bon feu de camp sur la plage vous procure une énergie qui pourra vous être utile. | Kimson Dohan via Unsplash
Le bonheur que vous ressentez autour d'un bon feu de camp sur la plage vous procure une énergie qui pourra vous être utile. | Kimson Dohan via Unsplash

Votre mère vous a sûrement déjà exhorté à sortir voir vos ami·es après une rupture amoureuse. Cette douce attention résume bien l'idée que nous nous faisons de la relation symétrique entre bonheur et sociabilisation. Cette dernière nous procurerait du bonheur. Mais pour bouger nos fesses et sortir, encore faut-il que le bonheur fasse office de moteur.

Cette vision d'une corrélation entre bonheur et sociabilisation pourrait s'avérer plus complexe qu'il n'y paraît. Elle implique un changement de perspective par rapport à la notion traditionnelle que nous en avons. Une équipe belge de recherche a étudié 30.000 personnes pendant un mois. Via une application, les membres de ce panel devaient répondre plusieurs fois par jour à des questions sur leurs ressentis, sur le type d'activité pratiquées et en présence de qui.

Après avoir isolé des facteurs discriminants tels que le type d'activité (boire une bière en terrasse procurera plus de bien-être que prendre le métro pour aller bosser par exemple), l'équipe a découvert que plus une personne se sent bien, plus elle était encline à passer du temps avec des inconnu·es. Inversement, que le mal-ête poussait les individus à passer du temps avec leurs ami·es.

Le bonheur, une ressource (utile)

Selon l'étude, la relation entre bonheur et sociabilisation suivrait une logique cyclique plutôt que symétrique: le niveau de bonheur pousse à chercher un certain type de personne; l'interaction avec ce type de personne influence le niveau de bonheur; ce qui pousse à chercher à nouveau un autre type de personne, etc.

Si je suis malheureuse par exemple, je vais passer du temps avec mes ami·es, ce qui me rend heureuse et me pousse à passer du temps avec des inconnu·es. Comme l'interaction est moins facile, je suis à nouveau malheureuse. Le cycle peut recommencer.

Ces résultats rejoignent la théorie de l'hédonisme flexible, selon laquelle notre bonheur n'est pas une finalité en soi mais une ressource dont on profite quand elle est disponible afin d'oser des choses qui nous rendraient moins gai·es, comme le ménage ou du networking. Ce qui revient à utiliser un stock d'énergie disponible. Parler à des individus qu'on ne connaît pas ou étendre son réseau social demande plus d'effort que de passer du temps avec son entourage familier. C'est pourquoi nous nous risquons à sortir de nos habitudes rassurantes lorsque nous nous sentons suffisamment d'attaque pour nous permettre une baisse éventuelle de notre niveau de bonheur. D'inconnu·es, peut-être pourrons-nous faire de ami·es, qui s'ajouteront à notre boucle du bonheur. Ainsi va notre vie sociale.

Slate.fr

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