Culture

Les 5 séries à rattraper cet été

Temps de lecture : 6 min

Que vous ayez une poignée d'heures ou un mois complet devant vous, on vous promet du grand divertissement.

Tâchez quand même de trouver une prise électrique. | Pablo García Saldaña via Unsplash
Tâchez quand même de trouver une prise électrique. | Pablo García Saldaña via Unsplash

Si vous avez cinq heures et que vous voulez à la fois rire et pleurer: «Fleabag»

«Délectable», «géniale», «un coup de maître»: depuis la sortie en France de la deuxième saison de Fleabag en mai dernier, les superlatifs se multiplient pour qualifier la série de Phoebe Waller-Bridge. Et si on a généralement tendance à se méfier des engouements culturels sur Twitter, pour une fois, internet a raison.

En douze épisodes et deux saisons seulement, Fleabag parvient à atteindre le panthéon des meilleures séries de l'histoire de la télévision –rien que ça. D'abord grâce à son écriture tour à tour hilarante et poignante, mais toujours acérée, et puis grâce à l'interprétation de Phoebe Waller-Bridge, qui réussit en quelques regards et autant de répliques à créer un personnage féminin plus complexe, familier et fascinant que 95% des femmes écrites pour la télé.

Le reste du casting est tout aussi jouissif: Andrew Scott, sexy à souhait dans le rôle d'un prêtre un poil alcoolique, Olivia Colman, acerbe et jubilatoire en horrible belle-mère, et Sian Clifford, parfaite dans le rôle de la sœur constamment au bord de la crise de nerfs.

On rit énormément, on pleure pas mal aussi, et on est heureuses de vivre dans un monde où une telle merveille existe.

Si vous avez quelques jours et que vous êtes idéaliste dans l'âme: «Catch 22»

«Catch 22» pourrait se traduire par «un serpent qui se mord la queue». L'expression, qui désigne une situation dont il est impossible de s'extirper, est entrée dans le langage courant grâce au roman du même nom de Joseph Heller, sorti dans les années 1960.

Adaptée du livre, la mini-série produite par George Clooney raconte le désespoir grandissant d'un soldat américain (Christopher Abbott) basé en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, qui tente par tous les moyens d'échapper à son devoir et de rentrer chez lui.

On ne s'y attendrait pas forcément avec un tel pitch, mais on rit beaucoup devant Catch-22: il s'agit avant tout d'une satire exposant avec beaucoup d'humour l'absurdité de la hiérarchie militaire et la cruauté du système.

L'horreur de la situation est contrebalancée par une multitude de dialogues rythmés et savoureux ainsi qu'une galerie de personnages hauts en couleur, entre le Major Major Major Major (son rang est Major, et son nom est Major Major Major) et le chef cuistot Milo, gueule d'ange qui s'avère être un symbole pervers –mais hautement divertissant– de la cupidité du capitalisme américain.

Les performances d'Hugh Laurie en chef militaire désabusé et de Kyle Chandler, né pour jouer une figure d'autorité un peu bête, en commandant sont particulièrement réussies.

Derrière les rires, la musique vintage et les scènes de camaraderie baignée de soleil, les créateurs nous rappellent pourtant régulièrement, par des piqûres dévastatrices, l'enfer inhumain de la guerre. Déjà une des meilleures séries de l'année.

Si vous avez deux semaines et que vous aimez les grandes actrices: «Big Little Lies»

Après une première saison plus que satisfaisante, Big Little Lies a fait son retour cet été pour un deuxième chapitre. On ne va pas vous mentir, on s'est un peu demandé si ce nouveau volet était franchement nécessaire.

La série est à l'origine tirée du best-seller de l'autrice australienne Liane Moriarty, et on avait du mal à voir où l'histoire allait se diriger une fois le matériel d'origine épuisé.

Mais la plus grande force de Big Little Lies n'est pas son intrigue, mais son casting de rêve –devant comme derrière la caméra. Franchement, HBO pourrait diffuser une vidéo de Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Laura Dern, Zoë Kravitz et Shailene Woodley en train de manger un sandwich, on serait déjà satisfaites.

Ajoutez à ça une Meryl Streep très en forme qui débarque pour nous livrer des répliques du genre «On ne peut pas faire confiance aux gens de petite taille», et vous obtenez une série supérieure à la grande majorité des programmes actuels.

Si ça ne suffisait pas, la deuxième saison nous a encore offert des performances inoubliables et une bonne dose de scandales et de secrets pour nous tenir en haleine.

Avec des images de la côte californienne toujours aussi magnifiques, une bande-son pop-rock parfaite et une réflexion sur la manière dont le traumatisme se transmet d'une génération à l'autre, Big Little Lies est restée l'une des séries les plus réjouissantes de l'été.

On regrette juste de ne pas avoir eu droit à la version qu'Andrea Arnold –qui fait partie des meilleures cinéastes du moment– avait imaginée, son travail ayant été sapé par Jean-Marc Vallée et David E. Kelley après le tournage.

Si vous avez deux semaines et que vous aimez le cinéma indé: «Easy»

C'est peut-être la meilleure série produite par Netflix, et ce n'est pas un hasard si elle a été créée par Joe Swanberg, figure de proue du mouvement mumblecore et du cinéma indépendant.

Dans la première saison, chaque épisode nous permettait de suivre les histoires romantiques ou sexuelles de plusieurs personnages, parfois en couple, parfois célibataires.

Avec un casting incroyable, inclusif et trop long à citer, Easy offre la représentation la plus complète et la plus fine de ce qu'est la sexualité, l'amour et la notion de partenariat aujourd'hui. On y trouve des scènes de sexe torrides, gênantes, maladroites ou tendres, mais aussi des discussions tellement intimes et réalistes que l'on a l'impression d'être de trop.

Ce qui fait la particularité du format, c'est qu'il ne s'agit pas d'une anthologie comme les autres, où chaque épisode a une conclusion définitive.

La première saison consacrait déjà deux chapitres (non consécutifs) au même couple, et quelle n'a pas été notre surprise quand on a réalisé, au cours de la saison 2, que les personnages faisaient leur réapparition. On a eu l'impression de retrouver de vieux amis, qu'on ne verrait qu'une fois par an et qui nous raconteraient leurs séparations successives, rabibochages et explorations sentimentales.

Non seulement Easy renverse sans cesse nos attentes, mais il s'agit aussi de l'une des rares séries à s'améliorer de saison en saison. La troisième, sortie en mai dernier, explore des thèmes comme le BDSM ou l'impact d'une histoire similaire à #MeToo, dans un épisode à couper le souffle avec Marc Maron et Melanie Lynskey.

L'épisode «Swipe Left», où Kyle et Andi, que l'on suit depuis la saison 1, font le point sur leur couple contient des scènes de discussion d'une précision et d'une intensité complètement folles.

Easy est une perle de douceur et d'intelligence, qui peut se dévorer d'un coup ou à petites doses: avec des épisodes allant de 20 à 50 minutes, et à regarder dans l'ordre que vous voulez, votre emploi du temps vous remerciera.

Si vous avez tout l'été et que vous en avez marre de «The Handmaid's Tale»: «Veronica Mars»

Si vous ne comprenez pas trop ce qu'une série diffusée sur M6 dans les années 2000 vient faire sur cette liste, rassurez-vous: Veronica Mars est bien plus qu'un programme pour ados.

On a tout simplement affaire à l'une des meilleures séries de tous les temps –drôle, intelligente, féministe et bourrée de références culturelles. Comme une nouvelle et quatrième saison est sortie le 19 juillet, il est temps de vous y (re)mettre!

Incarnée par la géniale Kristen Bell, Veronica Mars est l'héroïne badass par excellence. Dans le pilote, on apprend que la jeune lycéenne s'est réveillée inconsciente après une soirée et cherche à savoir qui l'aurait agressée. La critique de la culture du viol et du patriarcat est omniprésente dans la série. En trois saisons, Veronica ne cessera d'affronter les tyrans et brutes sexistes de Neptune.

Brillante élève, pleine de répartie, elle assiste son père dans son travail de détective privé et sait donc mener l'enquête comme personne. Armée de son taser et aidée de son bouledogue (brillamment appelé Backup), la jeune femme tient tête à tout le monde de manière très jouissive.

Les dialogues fusent à toute vitesse, et on ne compte plus le nombre de répliques cultes assénées avec un parfait timing par l'ensemble du casting. Et si vous aimez les triangles amoureux, boy oh boy.

La série est bien plus intelligente qu'on ne le croit, et tout bonnement indispensable. Vu le talent de l'équipe, on a bon espoir que la nouvelle saison soit tout aussi géniale.

Anaïs Bordages Journaliste

Marie Telling Journaliste

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