Société

Assister à votre propre enterrement peut vous aider à accepter la mort

Temps de lecture : 2 min

Une pratique à mi-chemin entre le fantasme (narcissique) et l'expérience transcendantale.

«C'était irréel. Célébrer sa vie alors qu'il était là. Ça a rendu sa mort plus concrète.» | Matt Botsford via Unsplash
«C'était irréel. Célébrer sa vie alors qu'il était là. Ça a rendu sa mort plus concrète.» | Matt Botsford via Unsplash

«T'imagines si t'assistais à ton propre enterrement?» Nous l'avons tous un jour pensé. Peut-être même vous l'avez déjà rêvé. Et vous voilà flottant entre les bancs, observant les visages tristes, écoutant leurs vibrants éloges funèbres. Désormais, cela ne relève plus du fantasme inavouable. Plusieurs ont tenté l'expérience et l'ont racontée dans un article de la BBC.

«Elle a mis sa main sur moi et a prononcé l'éloge funèbre, le plus tendre qu'il m'a été donné d'entendre. Tout le monde a pleuré.» Michael Hebb est un Américain en parfaite santé. Pour ses 40 ans, il a organisé ses propres funérailles.

Habillé en blanc, emmené dans un cercueil jusque dans une pièce sombre éclairée à la lumière d'une seule bougie, il a écouté sans ciller la cérémonie. Entendre sa fille et ses ami·es lui expliquer combien il avait compté, lui a ainsi donné un nouveau regard sur ses proches, la sensation d'obtenir une «seconde chance» pour la deuxième moitié de sa vie.

Être en paix avec la mort

C'est dans la même perspective que de faux enterrements sont régulièrement organisés au Japon ou en Corée du Sud. Là-bas, pas de mise en scène publique. On vient seul·e, on met par écrit les moments les plus importants de sa vie, les rencontres marquantes, on rédige une lettre d'adieu à ses proches et on s'enferme pendant une quinzaine de minutes dans un cercueil pour réfléchir à tout ça.

Puis, on nous délivre et l'organisateur lance un grand «le moment est venu de renaître! Si l’on est en paix avec la mort et qu’elle ne nous fait plus peur, on peut aborder la vie sereinement», promet-il à la fin de l'expérience.

Pour d'autres, il s'agit de mieux accepter l'approche de la mort. Après avoir su qu'il lui restait une année à vivre, le grand-père de Tom Honeywell lui demande de lui organiser un faux enterrement. À l'inverse du cas de Michael Hebb, ou de l'expérience coréenne, il y eut plus de bières à boire que de bières en bois. Pendant toute la soirée, on trinqua à la vie du vieil homme, on l'honora. «C'était irréel. Célébrer sa vie alors qu'il était là. Ça a rendu sa mort plus concrète. Mais c'était son souhait et on voyait qu'il passait un bon moment. C'est un bon souvenir», raconte le jeune homme.

Parce qu'elle nous arrache à la vie, la mort est enfin une occasion de dire ce qu'on ne dit pas tous les jours. Selon David Williamson, officiant au St Leonard's Hospice de York, pour nos proches il s'agit de «libérer ses émotions sans jugement ni embarras».

«Souvent je demandais après les éloges funèbres: "Avez-vous déjà dit tout ça à cette personne qui vient de mourir quand elle était encore vivante?" On me répondait toujours non. Alors je me suis dit, il y a-t-il une plus belle façon d'exprimer ce que l'on pense et ce que l'on ressent pour quelqu'un, que pendant qu'il ou elle est encore en vie?»

Slate.fr

Newsletters

La grossesse effraie encore certains recruteurs

La grossesse effraie encore certains recruteurs

Au Royaume-Uni, un employeur sur huit indique qu'il «hésiterait» à embaucher une femme qu'il pense susceptible d'avoir des enfants.

Il faut en finir avec le cliché de la «femme à chats»

Il faut en finir avec le cliché de la «femme à chats»

Aucune corrélation n'existerait entre la présence d'un félin dans votre maison et la dépression, la solitude ou l'anxiété.

En traversant la rue, vous trouverez des jobs en or

En traversant la rue, vous trouverez des jobs en or

La ville de Lyon a été choisie pour accueillir en 2023 la 47e édition des Olympiades des métiers: une excellente occasion de revaloriser des professions manuelles injustement délaissées.

Newsletters