Santé / Société

Non, le burn-out estival n'existe pas

Temps de lecture : 2 min

Cessons de nous leurrer: il n'y a pas de blues saisonniers mais plutôt une fatigue chronique.

À cause de la chaleur, de la lumière ou de l'injonction à aimer l'été, cette saison nous rendrait tristes. | Matthew Henry via Unsplash
À cause de la chaleur, de la lumière ou de l'injonction à aimer l'été, cette saison nous rendrait tristes. | Matthew Henry via Unsplash

Au début de l'été, le quotidien britannique The Guardian a posé une question à son lectorat: souffririez-vous d'un burn-out estival? Attestant des effets de la luminosité sur le sommeil ou invoquant des troubles d'appétit et de libido, l'hypothèse du mid-year burn-out s'est rapidement frayé un chemin jusqu'à devenir hautement plausible.

«En me réveillant, je me demandé: "Me suis-je pris une cuite hier?" Et puis je me souviens. En fait, en ce moment, c'est juste mon état normal. Les week-ends n'accordent aucun répit. J'ai l'impression que rien ne roule, les roues sont cassées.»

Les témoignages que rapportent The Guardian confirment ces sensations. Mais qu'est-ce qui se cache derrière une fatigue qui survient précisément au moment de l'année où l'on pourrait avoir l'occasion de se reposer?

Mythe du blues saisonnier

La faute à la chaleur, à la lumière ou à l'injonction à aimer l'été... Si nous sommes déprimé·es, ce serait donc à cause de cette saison. Et si vous voulez soigner cette fatigue estivale, partir en vacances quelques jours ne servira à rien. Attendre la fin de l'été, non plus.

Une des explications à ce phénomène: la dissonance entre le climat d'urgence social nourri par les catastrophes climatiques et l'apparente frivolité des apéros au rosé en bord de Seine. Autre explication possible, la valeur symbolique du milieu de l'année.

Si le solstice d'été marque le plus long jour de l'année, c'est aussi le début de l'irrésistible pente vers les affres de l'hiver. Au même titre que pendant les derniers jours de décembre, on y fait un bilan de la période écoulée et de toutes nos résolutions abandonnées. L'été, c'est le moment où «toutes les perspectives de changement dans notre vie disparaissent pour ne devenir qu'une poussive lutte jusqu'à la fin de l'année, où on pourra à nouveau repartir de zéro», analyse une lectrice.

Mais aussi satisfaisantes qu'elles soient, ces explications ne parviennent pas à dissimuler le fait que notre fatigue ne soit ni saisonnière, ni «relative au contexte» comme le prétend l'OMS dans sa définition du burn-out. Elle est chronique. Habituellement ancré dans nos esprits pour sa version automnale ou hivernale, le blues saisonnier est en passe de concerner toutes les époques de l'année.

Natasha Bijlani, psychologue au sein d'un hôpital londonien, se moque bien de l'hypothèse fantasque du burn-out estival. Ce qui est réel selon elle, c'est l'intensité de la fatigue qui peut être ressentie aussi bien en hiver, en automne, au printemps ou en été. «Nous sommes en train d'atteindre de très hauts niveaux de burn-out dans notre société. On approche d'un niveau épidémique.»

Et, pour éviter le vrai burn-out, ce qu'il faut c'est se rendre compte que nous exigeons trop, constamment. «On ne peut pas aller faire du sport le matin ET être un bon parent ET bien travailler ET voir ses amis. Il n'y a tout simplement pas assez d'heures dans la journée», affirme la psychologue. Et, pas plus en été qu'à un autre moment.

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Cet article a été écrit par un ISFJ.

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