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Google peut-il aider à réduire le taux de suicide chez les jeunes LGBT+?

Temps de lecture : 2 min

La firme américaine est en train de développer des outils dans ce but.

Day 053 | Holly Lay via Flickr CC License by
Day 053 | Holly Lay via Flickr CC License by

Jusqu'alors, lorsque des internautes effectuaient une recherche Google semblant indiquer leur désir de se suicider, le moteur de recherche le plus utilisé de la planète offrait en haut de page les coordonnées des centres d'appel destinés aux personnes en détresse, afin d'inciter à saisir son téléphone au lieu d'aller plus loin.

The Atlantic explique que Google planche désormais sur des solutions pouvant permettre de détecter plus facilement les cas de personnes tentées d'en finir, en particulier chez les ados. Se posent actuellement plusieurs problèmes: les expressions liées à la mort et au suicide se multiplient chez les jeunes gens, y compris chez ceux qui vont parfaitement bien. Fin juin, The New Yorker publiait un article expliquant que des fans de Lady Gaga ou de Taylor Swift n'hésitaient pas à écrire leur désir que leur idole «serre [leur] cou et cache [leur] corps» ou leur «roule dessus avec un tracteur», le seul objectif étant d'exprimer leur amour et leur dévotion pour leur idole.

Parmi les autres soucis rencontrés par Google, il y a le fait que le dispositif de reconnaissance des ados suicidaires fonctionne actuellement moins bien lorsque les requêtes ne sont pas formulées en anglais. Par ailleurs, n'en déplaise à Nicolas Sarkozy, qui affirmait en 2015 que «quand on consulte des images de jihadistes, on est jihadiste», on peut tout à fait effectuer des recherches sur le suicide sans être soi-même suicidaire.

Google cherche non seulement à renforcer son algorithme, mais aussi à développer d'autres parades. En mai, le géant américain a débloqué 1,5 million de dollars afin de travailler avec le Trevor Project, une organisation californienne à but non lucratif dont le but est d'écouter et conseiller de jeunes LGBT+, que ce soit par téléphone, par SMS ou par messagerie instantanée. L'objectif de la collaboration est de développer une intelligence artificielle capable d'évaluer le risque réel de suicide chez ces jeunes gens à partir de l'analyse de leurs conversations écrites avec les membres du Taylor Project.

La méthode des équipes du Taylor Project consiste à laisser parler le plus possible les jeunes interlocuteurs et interlocutrices. Les conversations sont juste lancées par ces quelques mots: «Qu'est-ce qui t'arrive?». C'est à la fois une façon de donner réellement la parole à ces jeunes gens qui ont souvent l'habitude ou l'obligation de se taire, et c'est aussi un bon moyen de disposer de suffisamment de matière pour savoir s'ils ont juste quelques questions à poser ou s'il se cache en eux un mal-être plus profond.

Repérage optimal

Pour le moment, le Trevor Project fonctionne comme l'immense majorité des hotlines et des services de conversation en ligne avec une association ou une entreprise: on reçoit les personnes dans l'ordre où elles sont arrivées. Si le temps d'attente pour joindre un·e membre de l'organisation est généralement inférieur à cinq minutes, chaque seconde gagnée peut être cruciale. C'est pourquoi l'objectif de l'utilisation de l'IA est aussi de repérer le plus rapidement possible les ados à fort risque suicidaire, de façon à les prendre en charge prioritairement.

Cette intelligence artificielle sera entraînée grâce à deux types de données: celles fournies par les premières secondes d'échange avec les jeunes gens qui appellent, ainsi que les résultats des bilans effectués par les membres du Trevor Project une fois les conversations terminées. Le but est notamment d'établir des liens entre les premiers mots émis par une personne potentiellement suicidaire et le degré réel de risque établi par les spécialistes en fin de course.

En outre, les procédés actuellement mis en place devraient aussi permettre d'identifier le plus rapidement possible le type de ressources dont les jeunes LGBT+ qui contactent le Trevor Project ont besoin. Hébergement d'urgence, thérapie, aide au coming-out... l'analyse des premiers messages pourra bientôt permettre de diriger plus efficacement et plus rapidement les ados en détresse vers la personne la plus compétente pour les prendre en charge.

Slate.fr

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