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Ce robot bat les pros au poker, et c'est une révolution en matière d'IA

Temps de lecture : 2 min

Encore un joli coup pour Facebook.

Texas Hold'em | Morgan via Flickr CC License by
Texas Hold'em | Morgan via Flickr CC License by

C'est une avancée spectaculaire qui vient d'être réalisée par Facebook en matière d'intelligence artificielle. Le magazine Science nous apprend en effet la naissance de Pluribus, un robot capable de battre n'importe qui au poker. Pluribus vient de l'emporter face à plusieurs grands noms du World Poker Tour, dont Darren Elias, le seul joueur de l'histoire à avoir remporté quatre tournois majeurs de ce circuit.

Cette victoire n'a rien d'un gigantesque coup de chance, puisque les observations ont été observées sur des milliers de mains. Dans l'une des expériences menées, Darren Elias et Chris Ferguson, un autre joueur professionnel, ont chacun disputé 5.000 mains face à cinq répliques de Pluribus... et ils ont perdu assez largement. Dans une autre expérience, une copie unique de Pluribus a affronté cinq joueurs professionnels sur un total de 10.000 mains, et l'a emporté de très loin.

Darren Elias dit avoir été surtout étonné par l'inventivité et la prise de risques de l'intelligence artificielle, alors que les robots sont souvent décrits comme peu imaginatifs. À propos de l'affection peu commune de Pluribus pour les grosses mises, il ajoute même: «c'est quelque chose que je vais incorporer dans mon jeu». Qui a dit que l'intelligence artificielle n'avait rien à nous apprendre?

Si la nouvelle fera indéniablement date, c'est parce que les plus grands joueurs de poker sont réputés pour être d'excellents bluffeurs, aux comportements imprévisibles. Qu'un algorithme parvienne à intégrer l'ensemble de ces facteurs relève du tour de force absolu.Et si Pluribus n'est pas la première intelligence artificielle développée dans le but de battre les humains (souvenons-nous de Deep Blue aux échecs et de DeepMind au jeu de go), c'est la première à pouvoir battre cinq adversaires d'envergure à la fois, là où les expérimentations précédentes se limitaient à des face-à-face.

Performant et économique

«En termes d'intelligence artificielle et de théorie du jeu, c'est l'une des étapes les plus importantes de ces dernières décennies», affirme Tuomas Sandholm, professeur d'informatique qui a aidé à développer Pluribus. «Cela ouvre de nouvelles portes sur ce que l'IA peut apporter en matière de résolution de problèmes dans le monde réel».

Pour parvenir à une telle révolution, Sandholm et son partenaire Noam Brown, chercheur en intelligence artificielle pour le compte de Facebook, ont complètement repensé le modèle qui les avait amenés à concevoir Libratus, un robot capable de battre de grands joueurs de poker lors de duels. Avec cinq opposants doués et imprévisibles, il devenait impossible pour un robot de pouvoir envisager tous les scénarios possibles à long terme, et donc de prendre la meilleure décision qui soit. Cela nécessitait trop de puissance, et donc trop d'argent.

Brown et Sandholm ont souhaité que Pluribus n'anticipe que raisonnablement les mouvements de ses adversaires (pas la peine d'avoir dix coups d'avance, comme on l'entend parfois aux échecs), mais soit en revanche capable de s'adapter à chaque décision prise par les autres membres de la table. Au niveau de la puissance utilisée et donc du coût financier, Pluribus est incroyablement économe, puisque ses dépenses sont environ 6.000 fois plus faibles que celles de son ancêtre Libratus.

Le tandem ne compte évidemment pas utiliser son algorithme pour gagner de l'argent au poker. «Nous ne mettrons pas le code à disposition, notamment parce que cela aurait un impact majeur sur la communauté du poker en ligne», explique Noam Brown. «Nous essayons d'en permettre l'accès aux personnes qui travaillent sur l'intelligence artificielle, pas sur celle qui veulent concevoir des robots joueurs de poker».

Le champion Darren Elias ne cache pas son émotion, comme l'écrit Wired en conclusion de son article. «Depuis mes 16 ans, je n'ai rien fait d'autre que jouer au poker. J'ai donné ma vie pour ce jeu, ce qui rend très humiliant le fait d'être battu par une machine».

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