Société

Pourquoi vous avez le droit de refuser de sortir ce soir

Temps de lecture : 2 min

Les bienfaits de la solitude sont plus importants que ne le laisse penser le despotisme de la sociabilité.

S'autoriser des moments en tête-à-tête avec soi-même favoriserait la créativité. | Daniel Chekalov via Unsplash
S'autoriser des moments en tête-à-tête avec soi-même favoriserait la créativité. | Daniel Chekalov via Unsplash

«Sortir c'est pour les nuls. Toute façon j'ai pas la thune. Je reste avec moi-même et j'ai la flemme», chante Angèle dans «Flemme». Après tout, il n'y a pas de mal à rester en solo. Bien au contraire.

Interviewé par la BBC, Gregory Feist, professeur de psychologie à l'université d'État de San José, note que les principaux traits de personnalité associés à la créativité sont l'ouverture d'esprit, la confiance en soi et l'indépendance. Des attributs bien souvent associés à «un manque d'attention envers les normes sociales» et à «une inclination à la solitude».

«Nous pensons généralement que la créativité émerge d'un processus résolument social, alors qu'elle exige une attention soutenue et beaucoup de concentration», explique Susan Cain dans son livre La force des discrets. Le pouvoir des introvertis dans un monde trop bavard.

La solitude active, ce que les neuroscientifiques appellent le réseau du mode par défaut, est un réseau constitué des régions cérébrales actives quand un individu n'est pas focalisé sur le monde extérieur. Et c'est justement ce réseau, en jouant sur la mémoire et l'empathie, qui est au cœur de la créativité.

Se reposer (vraiment)

Une vaste enquête sur le repos menée en 2016 par la BBC auprès de 18.000 personnes originaires de 134 pays différents, concluait que le vrai repos ne s'acquiert qu'à force de solitude.

Parmi les activités solitaires les plus reposantes: la lecture, se promener dans la nature ou laisser son esprit vagabonder. Passer du temps avec ses proches n'arrive qu'à la douzième place. De quoi déculpabiliser les solitaires brimé·es.

Aussi, le bonheur ne se mesure pas à la taille de notre réseau social, mais plutôt à sa qualité. Faire primer la quantité des amitiés quand on a 20 ans est un facteur notable d'une bonne grosse crise de la trentaine, note cette étude de la United States National Library of Medicine.

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Alors quoi qu'en dise le despotisme de la sociabilité, n'ayons pas honte d'aller sans personne au cinéma, en vacances ou de rester chez soi le soir. L'avenir appartient aux solitaires.

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