Boire & manger

Les terrasses gourmandes où déjeuner à Paris pour profiter de l'été

Temps de lecture : 9 min

Sept adresses pour des succulents repas à l'extérieur, de 12 à 100 euros.

Terrasse du restaurant La Grande Cascade. | Alban Couturier
Terrasse du restaurant La Grande Cascade. | Alban Couturier

À la belle saison, les repas en plein air accroissent le plaisir de la bonne chère et du partage. Voici une sélection d'adresses fiables de bon rapport prix-plaisir.

La Grande Cascade au Bois de Boulogne

Ce charmant pavillon 1900 à l'architecture Art nouveau façon Belle Époque, niché sous les arbres, est doté d'une terrasse en arrondi où l'on sert les deux repas: c'est une bénédiction.

La famille Menut a bien fait d'éliminer les réceptions familiales afin de mettre en valeur la restauration élégante menée en cuisine par l'excellent chef Frédéric Robert, passé par l'Ambroisie de Bernard Pacaud, place des Vosges, l'une des meilleures tables côté luxe de la capitale.

Avec le temps et l'expérience culinaire quotidienne, le maestro de ce lieu de rêve peaufine son répertoire de plats nobles dont les plus demandés restent le turbot de l'Atlantique, laitue de mer, artichaut en variation (85 euros), le bœuf de Salers, pommes soufflées, jus cresson-roquette (78 euros) et les macaronis à la truffe et foie gras, gratinés au parmesan (92 euros) qu'il faut avoir savourés au moins une fois dans sa vie.

À La Grande Cascade, asperges vertes du Lubéron et blanches des Landes au caviar osciètre. | Alban Couturier

Dans la grande carte, tout est excitant pour le gourmet: les asperges vertes du Lubéron et blanches des Landes au caviar osciètre (79 euros), les girolles et fleurs de courgettes, amandes, ail sauvage, abricots et vin jaune en émulsion (72 euros), les langoustines en ravioles, fins coquillages en cappuccino, navet boule d'or en pickles (88 euros) et le homard bleu aux pêches blanches rafraîchies à l'hibiscus (81 euros).

À La Grande Cascade, langoustines en ravioles, fins coquillages en cappuccino, navet boule d'or en pickles. | Alban Couturier

Les fins becs, nombreux dans cette maison de tradition –service humain de qualité– s'orienteront aussi vers le ris de veau croustillant aux herbes à tortue (85 euros) et vers le pigeon de Vendée «Apicius», une merveille au foie gras des Landes, navets et vinaigre yuzu ponzu (77 euros) –une rareté à Paris. Aussi la côte de veau de Dordogne aux morilles et herbes fraîches, jus marbré (170 euros pour deux).

Dans l'éventail des desserts du pâtissier belge Nelson Lechien, le mille-gaufre à la vanille de Tahiti est une sorte de chef-d'œuvre, un must absolu pour palais délicats (30 euros) –Dieu quelle conclusion inoubliable!

À La Grande Cascade, mille-gaufre à la crème légère de Tahiti. | Alban Couturier

Notez que le chef Robert d'une rare discrétion sait peaufiner des menus sur mesure, à cinq ou sept étapes (149 ou 192 euros), plus un menu du Marché (109 euros), du Jardin (115 euros) pour végétariens et une admirable carte qui vaut largement deux étoiles –il n'y a que les inspecteurs du Michelin à ne pas s'en apercevoir. L'affaiblissement du guide se lit clairement dans cet aveuglement. Par chance, les connaisseurs sont fidèles: les complets s'enchaînent cet été. Réservation obligatoire.

Allée de Longchamp, Bois de Boulogne 75006 Paris. Tél: 01 45 27 33 51. Menu au déjeuner à 89 ou 192 euros. Carte de 160 à 190 euros. Pas de fermeture. Parking.

Brasserie La Lorraine

Le groupe Bertrand dont le fondateur est un bon mangeur a mis beaucoup d'énergie et de créativité pour redonner à cette brasserie des Ternes (1919) son lustre perdu. Et surtout une cuisine moderne sans excès, personnalisée: toutes les préparations font saliver, d'où l'affluence à midi et surtout le soir sous le ciel de Paris.

À la Brasserie La Lorraine, poulpe grillé aux câpres et olives taggiashe. | Brasserie La Lorraine

Jamais les spécialités parisiennes n'ont été aussi inventives et contemporaines: le tartare de daurade royale à l'avocat, concombre, citron vert et coriandre fraîche (11,50 euros), le poulpe grillé aux câpres et olives taggiasche, sauce vierge (31 euros), la dégustation de bar et caviar osciètre (29 euros, bon prix), le fish and chips de merlan, sauce tartare, frites maison (23 euros), le pavé de cabillaud rôti en aïoli, œuf mollet, bulots (29 euros) et, surtout, les macaronis de homard canadien, émulsion aux coquillages, tomate, fèves, asperges vertes et parmesan (34,50 euros), un plat jamais savouré nulle part à Paris qui vaut le voyage –et l'étoile.

Il faut dire que le chef actuel Gérard Delaunay est un fou de bonne cuisine, un chercheur de produits irréprochables, à commencer par le registre marin comme la soupe de poissons de roche à la rouille et croûtons dorés (14,50 euros), la fraîcheur de tourteau au citron vert, rémoulade de légumes, écrasé de pommes de terre (18 euros) ou les langoustines rôties, sauce crustacés, niçoise de légumes (25 euros).

Toutes ces réjouissances de bouche participent au renouvellement magistral de cette brasserie animée, probablement la meilleure de Paris avec le Dôme des frères Bras et la Rotonde des Tafanel à Montparnasse.

À la Brasserie La Lorraine, suprême de volaille rôti aux morilles et gratin de macaronis au parmesan. | Brasserie La Lorraine

Aucun établissement de ce style –toutes les classes sociales réunies, déjeuner à 29 euros– ne propose le bar sauvage rôti ou grillé au fenouil flambé en croûte de sel (1,2 kilo, 124 euros pour deux) ou la barbue grillée sauce Choron comme chez Bocuse (98 euros). On est là aux frontières de la grande cuisine française, et l'on sert jusqu'à 300 couverts le soir, il faut envoyer ces préparations goûteuses et plaire aux clients. Fromages sélectionnés par Marie Quatrehomme, le bon choix (11,50 euros).

Une douzaine de desserts dont l'île flottante aux amandes, crème anglaise et caramel au beurre salé (10,50 euros) et la fraise Melba à la chantilly (12 euros). Au verre, Bandol rosé (8 euros), champagne Roederer (16 euros).

2 place des Ternes 75008 Paris. Tél: 01 56 21 22 00. Menu Tradition au déjeuner à 29 ou 37 euros. Au dîner, menu Gourmand à 39 ou 47 euros. Carte de 55 à 90 euros. Pas de fermeture.

Café Pouchkine

L'institution de Moscou depuis 1999 a donc une succursale à Paris, en face de la Madeleine, un coup de maître pour Andrey Dellos son propriétaire, collectionneur et amateur d'art. Ce café d'un charme particulier est bien plus qu'un salon de thé au rez-de-chaussée riche de gâteries de là-bas dont la Matriochka bergamote, coquelicot, fraise ou cerise, griotte, amande (8,40 euros) et la fameuse pavlova aux fruits rouges sous un tutu de chantilly, cette délicate meringue suisse au confit de framboises et myrtilles (10 euros).

Au Café Pouchkine, le bœuf Strogonoff. | Café Pouchkine

Un nouveau chef, Thomas Rossi, 33 ans, venu du Market (75008) de Jean-Georges Vongerichten, trois étoiles à New York, s'efforce de réaliser les plats de tradition russe comme le bortsch classique (16 euros) ou à la joue de bœuf (20 euros), les pelmeni (ravioles) de saumon dans un bouillon corsé (19 euros), l'exquis bœuf Strogonoff mouillé d'une fine sauce crémée aux champignons et oignons sautés, purée grande tradition (34 euros), la côtelette de veau Pojarski aux tagliatelles de légumes (26 euros) et le beau Koulibiac «Paris-Moscou» fourré de saumon (24 euros). Ce sont des préparations soignées, goûteuses, copieuses qu'il faut privilégier, la cuisine russe a un passé riche et glorieux.

Au Café Pouchkine, pelmeni au saumon. | Café Pouchkine

Au déjeuner, une carte Pouchkine Express: le croque-madame (21 euros), le burger «Ivan le Terrible» au bœuf Aubrac et la garniture au choix (24 euros), une assiette de trois piroshki au choix (20 euros) et les cinq taramas dont l'un à la truffe d'été (21 euros). Tout cela suscite un vrai désir de gourmandises, à peine exotiques.

Remarquable éventail de desserts dont le café liégeois copieux (16 euros) et la rare forêt noire au coulis d'Amarena (16 euros).

Le Café Pouchkine, à l'étage et en terrasse sur l'avenue, est animé et vivant, il mérite son succès et une mention dans le Michelin: c'est la meilleure table franco-russe de Paris.

Terrasse du Café Pouchkine. | Café Pouchkine

16 place de la Madeleine 75008 Paris. Tél: 01 53 43 81 60. Plat du jour à 24 euros, assiette végétarienne à 24 euros. L'Afternoon Tea à 40 euros pour deux. Menu Russe au dîner à 55 euros. Carte de 55 à 70 euros. Pas de fermeture.

La Maison Blanche

Ce très beau restaurant au-dessus du théâtre des Champs-Élysées jouit d'une vue panoramique sur les toits de Paris et à la belle saison, on sert dehors sous les parasols sur l'une des deux terrasses, Montaigne ou George V. C'est une adresse de grande classe rehaussée par le nouveau chef Fabrice Giraud, formé par Alain Ducasse et Jean-Louis Nomicos à Monaco, très attaché à l'origine des produits et aux accompagnements.

Les langoustines et le veau de lait comme un tartare, agrumes et grenade (37 euros), le tourteau et céleri boule en rémoulade au vinaigre de riz noir (32 euros), l'exquise soupe froide de légumes au chèvre de M. Fabre (34 euros), les grenouilles à la provençale, tomate confite, cuisse en mousseline (49 euros).

Voilà des entrées travaillées avec le sens des goûts en prélude au pavé de turbot, champignons, amandes et salicornes (69 euros), ou le Saint-Pierre cuit en vapeur douce aux pousses de chou kale et avocat (64 euros) ou le très classique saumon d'Écosse sauce genevoise, gnocchi parisienne (42 euros).

Au restaurant Maison Blanche, filet de bœuf Black Angus. | Maison Blanche

Des fermes et élevages, voici la volaille rôtie, émulsion de sarrasin torréfié et ragoût de petits pois (39 euros) ou l'agneau de lait cuisiné de différentes façons, sauce citron, oseille et mijotée de fregola sarda (48 euros) et le filet de bœuf Black Angus sauce au cassis, panisse au basilic et asperges vertes glacées (58 euros).

Desserts variés du pâtissier James Choplin, artiste du millefeuille à la vanille (18 euros), de l'ananas rôti et en sorbet, pommes Granny Smith et crémeux à l'estragon (18 euros) et du fondant au chocolat «Araguani» (19 euros).

Au restaurant Maison Blanche, fondant au chocolat Araguani. | Maison Blanche

L'été radieux convient au site chic de cette adresse ultra parisienne –plus de cent couverts au dîner. Mais les déjeuners d'affaires sont très courus et d'un rapport prix-plaisir bien vu.

Terrasse Montaigne. | Maison Blanche

15 avenue Montaigne 75008 Paris. Tél: 01 47 23 55 99. Menu au déjeuner à 49 ou 59 euros. Menu Gourmet à 72 euros, Dégustation à 95 euros (5 plats) ou 125 euros (6 plats). Carte de 85 à 115 euros. Fermé samedi et dimanche midi. Brunch copieux le dimanche à 60 ou 70 euros, verre de champagne et la contemplation des toits de Paris.

La Cour Jardin au Plaza Athénée

Au cœur du palace cher à Arthur Rubinstein, ce patio cerné par les chambres et suites aux stores rouges –la couleur de Marlène Dietrich, cliente à l'époque de Jean Gabin– reste un lieu de rendez-vous élégant pour dîneurs raffinés et fournis en monnaie. La carte-menu s'enrichit de plats d'été comme ces tomates anciennes à la brousse de chèvre du Rove (30 euros) ou le homard bleu rafraîchi, cœur de bœuf confite, panisse et tapenade d'olives (56 euros) ou le bar sauvage taillé cru à l'avocat, les cacahuètes en trop (42 euros) et le poulpe de roche cuit, fondant à la niçoise (38 euros).

Au restaurant La Cour Jardin, ceviche de bar sauvage à l'avocat et fruits de la passion. | Studio des Fleurs

Trois poissons de saison: le filet de rouget, pissaladière, salade d'herbes (52 euros), le thon cuit à la plancha et courgette violon grillée (48 euros) et la daurade à la royale cuite à l'unilatéral, escortée d'un risotto comme une paella (52 euros). Ces plats d'inspiration maritime sont à privilégier –légumes, iode et légèreté.

Pour les carnivores, voici l'épaule d'agneau de sept heures de cuisson et les petits légumes farcis (48 euros), le filet de bœuf de Chalosse et son gratin de blettes à la moelle (58 euros). De quoi rassasier les plus affamés: le climat peut ne pas freiner l'appétit, la faim est là.

Deux desserts dans le vent: les cerises et le gâteau basque (28 euros) et le Fontainebleau de ricotta aux framboises, sorbet à l'estragon, un délice (26 euros). On boit du Roederer rosé au verre (23 euros). Le vrai chic parisien côté clientèle huppée, flacons et bonne chère assez raffinée.

Terrasse à la Cour Jardin. | lesrestos.com

25 avenue Montaigne 75008 Paris. Tél: 01 53 67 66 02. Carte de 80 à 110 euros. Pas de fermeture. Voiturier.

Le XVII sur Vin

Au bout de l'avenue Wagram, le quinqua Bruno Turbot, ancien chef étoilé du Sofitel Arc de Triomphe, pilote ce bistrot à terrasse de main de maître: c'est la meilleure table du quartier, à deux pas du grand Michel Rostang, double étoilé depuis des lustres, et du Flaubert, sa succursale gourmande très fréquentée. Le XVIIème arrondissement reste le paradis des mangeurs.

Parmi les incontournables de la maison, l'œuf bio en cocotte à la fondue de poireaux et fromage frais de brebis (14 euros), le ceviche de dorade à la mangue (18 euros), le tartare de saumon aux olives (17 euros), des entrées savoureuses.

Au restaurant XVII sur Vin, noix d'entrecôte, rigatonis, sauce aux câpres. | xviisurvin

Dans le quatuor de poissons, les gambas poêlées en bouillon façon thaï (29 euros), le filet de bar sauce vierge à la purée de pommes de terre (30 euros), et dans les viandes, la noix d'entrecôte (300 grammes), rigatonis, sauce aux câpres (30 euros), le carré d'agneau rôti aux aubergines en compotée (29 euros) et le suprême de volaille aux artichauts, jus au thym (28 euros). Un repère connu pour les mangeurs à l'ancienne.

À côté des fromages normands (11 euros), voici les crêpes Suzette au beurre d'orange et Grand-Marnier (12 euros) et l'exquise brioche façon pain perdu au beurre salé (12 euros).

C'est l'archétype de la bistronomie intelligente. Bruno Turbot et son fils Ludovic se soucient du bonheur à table de leurs clients, des fidèles qui sont comblés. Mériterait l'étoile. Terrasse prise d'assaut l'été.

Terrasse du XVII sur Vin. | xviisurvin

99 rue Jouffroy d'Abbans 75017 Paris. Tél: 01 42 27 26 16. Menu au déjeuner à 40 euros. Carte de 56 à 90 euros. Fermé samedi midi et dimanche.

Trattoria di Bellagio

À deux pas du Hyatt Regency porte Maillot, ce spot italien draine tous les amateurs de pasta, de pizze (margherita au basilic 12 euros), d'escalope milanaise (22 euros), de risotto aux asperges et crème de burrata (20 euros), de charcuteries de là-bas (11 euros).

À la Trattoria di Bellagio, linguine alla carbonara. | lesrestos.com

Le chef Andrea sait mitonner les spaghetti à la tomate, basilic et parmesan selon la tradition française, bien cuits et non al dente (12 euros). Vitello tonnato (15 euros), gnocchi aux fruits de mer (20 euros) et piccata de veau au citron (20 euros). De la cucina bon enfant et conviviale. Tiramisu (10 euros) et panna cotta aux fruits rouges et mangue (10 euros). Vins de toutes régions d'Italie dont le Barbera 2015 (9 euros le verre). Café excellent. Plein aux deux services.

101 avenue des Ternes 75017 Paris. Tél: 01 40 55 55 20. Menu au déjeuner à 22 euros, menu Duo à 29 euros. Terrasse, voiturier. Pas de fermeture.

Nicolas de Rabaudy

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