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Donner son utérus à une autre femme: «c'était mon but d'aider quelqu'un»

Temps de lecture : 2 min

Heather Bankos est la 70ème femme dans le monde à faire don de son utérus.

Un bébé | Janko Ferlič via Unsplash
Un bébé | Janko Ferlič via Unsplash

Il y a un peu plus d'un an, pour la première fois aux États-Unis, une femme née sans utérus accouchait d'un bébé. Dans le cadre d'un programme lancé par le Centre médical de l'université Baylor, à Dallas, la mère avait reçu une greffe d'utérus. Ce type d'opération est encore très rare. Ce printemps, Heather Bankos, une Américaine de 31 ans, est devenue la 70ème femme dans le monde à faire don de son utérus. Elle a témoigné de son expérience dans le TIME.

Les femmes participant au programme de Baylor pour recevoir une greffe sont pour la plupart atteintes du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser, une affection congénitale qui se traduit chez certaines femmes par un utérus sous-développé ou absent. Les donneuses ne connaissent pas l'identité de celle qui recevra leur utérus.

GPA ou don d'organe?

Heather Bankos était déjà mère de trois enfants, âgés de 8, 6 et 3 ans, quand elle a décidé de faire don de son propre utérus. Infirmière dans une unité de soins intensifs néonatals, elle souhaitait pouvoir aider d'autres femmes à avoir un enfant.

À l'origine, Bankos avait pensé effectuer une maternité de substitution. Et puis, elle a pris connaissance du programme de greffe d'utérus de Baylor. Après avoir contacté une organisation de don d'organes, elle a été mise en relation avec le centre médical de l'université.

«J'ai reçu un appel téléphonique de Baylor en avril de l'année dernière, puis je n'ai plus eu de nouvelles de leur part pendant quelques mois. Entre-temps, j'ai eu un nouvel emploi d'infirmière dans les transports, volant en hélicoptères et en avions, et j'ai décidé d'écarter la possibilité d'effectuer une maternité de substitution. Je ne voulais pas risquer la vie de l'enfant de quelqu'un d'autre, et je ne suis pas sûre que beaucoup de parents l'auraient voulu.»

Greffe d'utérus

Après avoir passé une série de tests et d'analyses médicales, Bankos a finalement été jugée apte à participer à un transfert d'utérus. L'opération, réalisée plusieurs mois après, a duré onze heures, réalisée à l'aide d'un robot chirurgical –la deuxième du genre pratiquée par Baylor. On lui a retiré les trompes de Fallope et l'utérus, mais elle a gardé ses ovaires. Après une convalescence douloureuse de quelques jours, Bankos a correctement récupéré de l'opération, ayant pris douze semaines de congé selon les recommandations des médecins.

De l'autre côté, la receveuse a hérité d'un utérus fonctionnant comme prévu. Bankos a pu échanger quelques mots avec elle par écrit, mais ne pourra la rencontrer si elle l'accepte qu'après son accouchement.

«C'est une chose incroyable, et je suis vraiment excitée d'en avoir fait partie. Chaque femme qui veut des enfants devrait pouvoir en avoir. J'ai le sentiment que c'était mon but d'aider quelqu'un, que ce soit une personne que je connaisse ou une parfaite inconnue. Je le referais sans hésiter», estime-t-elle.

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