Égalités

150 ans après, les premières étudiantes britanniques de médecine reçoivent (enfin) leur diplôme

Temps de lecture : 2 min

Elles ont lutté pour le droit des femmes à exercer en tant que médecin.

Portrait de Sophia Jex-Blake, première femme ayant exercé la médecine en Écosse | Samuel Laurence, 1865 / Wikimedia Commons
Portrait de Sophia Jex-Blake, première femme ayant exercé la médecine en Écosse | Samuel Laurence, 1865 / Wikimedia Commons

On les a appelées les «Sept d'Édimbourg»: elles étaient les premières femmes autorisées à étudier la médecine en Grande-Bretagne, à l'université d'Édimbourg, en 1869. Pourtant, en raison de leur genre, l'institution avait refusé de leur délivrer un diplôme officiel leur permettant d'exercer comme médecins. C'est désormais chose faite, puisque 150 ans plus tard, elles reçoivent enfin un diplôme honorifique à titre posthume.

Sophia Jex-Blake, Isabel Thorne, Edith Pechey, Matilda Chaplin, Helen Evans, Mary Anderson Marshall et Emily Bovell sont parmi les premières à avoir lutté en Grande-Bretagne pour le droit des femmes à effectuer des études supérieures et à pratiquer la médecine.

Pas de diplômes pour les femmes

Après avoir été refusée par Harvard au prétexte qu'«il n'exist[ait] aucune disposition relative à l'éducation des femmes dans les départements de cette université», Sophia Jex-Blake s'était tournée vers l'Écosse, qui semblait plus amène. Après une longue bataille administrative, l'université d'Édimbourg approuvait sa candidature en mars 1869… avant qu'un tribunal ne la rejette finalement, objectant le fait que l'université ne saurait déployer tous les arrangements nécessaires à son intégration «dans l'intérêt d'une seule femme».

Le journal The Scotsman lança alors une campagne pour inciter d'autres femmes à la rejoindre, et en novembre 1869, six autres camarades passaient avec succès l'examen d'entrée pour l'école de médecine de l'université.

Cette victoire, non exempte d'embûches –leurs frais d'inscriptions étaient plus élevés que ceux de leurs pairs masculins, et l'université n'obligeant pas ses professeurs à enseigner à des femmes, les Sept d'Édimbourg durent organiser leurs propres conférences–, a joué un rôle déterminant pour la création de l'École de médecine pour les femmes de Londres, en 1874.

Ce n'est cependant que deux ans plus tard que le Medical Act permit à toute personne qualifiée d'obtenir un diplôme afin d'exercer la médecine, sans distinction de genre. En 1877, Jex-Blake obtenait enfin un diplôme, mais délivré par l'université de Berne. L'université d'Édimbourg n'éditera ses premiers diplômes de femmes médecins qu'en 1896.

Honneurs posthumes

À l'occasion du 150ème anniversaire de leur admission à l'université d'Édimbourg, c'est un groupe d'étudiantes actuelles de l'école de médecine qui a symboliquement récupéré les diplômes de leurs aînées.

Le principal et vice-chancelier de l'université, Peter Mathieson, a déclaré: «Nous sommes ravis de conférer les diplômes qui sont dus à juste titre à cet incroyable groupe de femmes. La ségrégation et la discrimination à laquelle les Sept d'Édimbourg ont fait face appartiennent peut-être à l'histoire, mais il existe encore des barrières qui empêchent trop de jeunes talents de réussir à l'université. Nous devons tirer des leçons de ces femmes et nous efforcer d'élargir l'accès à tous ceux qui ont le potentiel de réussir».

Slate.fr

Newsletters

C'est trop facile de dire que les femmes sont coupables d'en faire trop

C'est trop facile de dire que les femmes sont coupables d'en faire trop

L'égal partage des tâches domestiques est difficile à atteindre, y compris quand on est féministe. Et ça n'a rien à voir avec une guerre de territoire ni une exigence naturellement féminine.

«Mulholland Drive» est-il un film féministe?

«Mulholland Drive» est-il un film féministe?

Reconnu comme un chef-d'œuvre de l'histoire du cinéma, «Mulholland Drive» fait aussi état de la violence contre les femmes à Hollywood et montre une impossible solidarité entre elles.

Les femmes, premières victimes de la guerre du fake sur internet

Les femmes, premières victimes de la guerre du fake sur internet

Les deepfakes porno ne sont qu'un symptôme de plus d'un usage misogyne des technologies.

Newsletters