Monde

Au moins 544 civils tués dans l'offensive russe sur Idleb, en Syrie

Temps de lecture : 2 min

Depuis deux mois, les forces russo-syriennes bombardent la province d'Idleb, tenue par des groupes rebelles et djihadistes.

Une femme récupère des matériaux après le bombardement d'un bâtiment par l'aviation russe, à Kafranbel, dans la région d'Idlib tenue par les rebelles, en Syrie, le 20 mai 2019 | Omar Haj Kadour / AFP
Une femme récupère des matériaux après le bombardement d'un bâtiment par l'aviation russe, à Kafranbel, dans la région d'Idlib tenue par les rebelles, en Syrie, le 20 mai 2019 | Omar Haj Kadour / AFP

En deux mois, l'assaut russo-syrien sur la province d'Idleb, dernier grand bastion tenu par des groupes rebelles et passé depuis janvier aux mains des djihadistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTS), ancienne branche syrienne d'Al-Qaida, aura fait au moins 544 mort·es civil·es et 2.117 blessé·es.

Le 26 avril, les forces russes se joignaient à l'armée syrienne pour lancer la plus grosse offensive contre la région du nord-ouest syrien depuis l'été dernier, à Hama et Idleb.

Le Réseau syrien des droits de l'homme (SNHR), qui publie régulièrement des rapports sur les victimes du conflit syrien et informe plusieurs agences de l'ONU, a déclaré que sur les 544 civil·es tué·es au cours des centaines d'offensives menées par la Russie, il y avait 130 enfants.

Civils et hôpitaux dans le viseur

Fadel Abdul Ghany, le président du SNHR, a déclaré à Reuters que «l'armée russe et son allié syrien ciblent délibérément les civils, avec un nombre record d'installations médicales bombardées».

De leur côté, les forces russes et l'armée syrienne de Bachar al Assad démentent le fait que leurs aviations puissent frapper aveuglément des zones civiles avec des munitions à fragmentation et des bombes incendiaires –ce qu'un rapport de Human Rights Watch dénonçait pourtant le mois dernier. Elles accusent les djihadistes d'avoir rompu l'accord de cessez-le feu conclu l'année dernière entre la Turquie et la Russie, et affirment viser des terroristes affiliés au groupe Hayat Tahrir Al-Cham.

Pour les trois millions de civil·es de la région, qui comptent de nombreux·ses déplacé·es d'Alep, de Homs et de la banlieue de Damas, ces attaques paralysent la vie quotidienne. D'après les Nations Unies, au moins 300.000 personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers pour se réfugier dans des zones plus sûres, notamment proches de la frontière turque.

Jeudi dernier, une frappe aérienne était dirigée contre l'hôpital de Kafr Nabl, trentième installation de ce type visée depuis le début de l'offensive. «Que ce type d'infrastructure médicale soit bombardée et mise hors de service en moins de deux mois n'est pas un accident. Il faut nommer les choses telles qu'elles sont, c'est un crime de guerre», a déclaré la docteure Khaula Sawah, vice-présidente de la branche états-unienne de l'Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux.

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