Sciences

En Californie, les moules crèvent de chaud

Temps de lecture : 2 min

À Bodega Bay, des quantités astronomiques de moules ont été retrouvées ouvertes et brûlées.

Sur certains sites, 70% des moules présentes en surface sont mortes. | Stux via Pixabay
Sur certains sites, 70% des moules présentes en surface sont mortes. | Stux via Pixabay

En mars 2019, sur certaines plages du nord de la France, la vie avait comme disparu: plus de moules sur les rochers. Les pratiquant·es de pêche à pied avaient tiré la sonnette d'alarme en accusant une bactérie, le Vibrio splendidus, quand les spécialistes avançaient que les tempêtes et le réchauffement climatique étaient en cause.

Cette fois-ci, c'est une chercheuse californienne qui a lancé l'alerte. Confrontée à des dizaines de milliers de moules mortes au nord de San Francisco, Jackie Sones, coordinatrice de recherches à la réserve marine de Bodega, a reconnu qu'il s'agissait de la pire hécatombe de moules qu'elle ait vue depuis quinze ans.

Des températures trop élevées seraient responsables du phénomène. De fait, la canicule n'a pas touché que l'Europe: à Bodega Bay, le thermomètre a atteint les 30°C ces derniers jours, et la chaleur a été encore plus pénible pour les moules accrochées aux rochers, qui ont connu des températures supérieures à 37°C. Des quantités astronomiques de ces mollusques ont été retrouvés morts, coquille ouverte et chair brûlée.

Victimes du réchauffement climatique

«Au printemps et en été, les marées sont moins importantes. Parfois, elles n'atteignent même les rochers. Donc les moules passent davantage de temps au soleil, explique Jean-Marie Portier, pêcheur à pied et guide pour la traversée de la baie du Mont-Saint-Michel. Le fait que la mortalité des moules soit plus importante à cette période est d'abord un phénomène naturel. Lorsqu'on regarde un cas précis, ce qu'il est important d'analyser, c'est l'augmentation de la mortalité sur un territoire donné.»

Dans le cas de Bodega Bay, elle est particulièrement importante: en moyenne, 30% des moules qui se trouvaient en surface sont mortes. Le taux est même monté à 70% pour certains sites. «Lors de la canicule de 2004, ce taux était d'environ 10%, donc l'événement de juin 2019 a été bien plus grave», affirme Jackie Sones.

Elles aussi victimes du réchauffement de la planète et de la hausse de la température des océans, les moules risquent de connaître de plus en plus d'épisodes de mortalité de masse, alors que les vagues de chaleur surviennent plus tôt.

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Si la disparition des coquillages peut sembler être un évènement mineur, Jackie Sones fait remarquer que «bien qu'il soit difficile de prédire l'avenir, il est important de documenter ces phénomènes météorologiques extrêmes et leurs impacts».

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