Égalités / Économie

Les femmes de plus en plus nombreuses à siéger en conseil d'administration

Temps de lecture : 2 min

Elles sont 8% de plus qu'en 2018.

Le taux de féminisation des conseils d’administration des 110 sociétés françaises de l’échantillon de l'étude Burgundy School of Business (BSB) s’élève à 45,1% en 2019. | 089photoshootings / Pixabay
Le taux de féminisation des conseils d’administration des 110 sociétés françaises de l’échantillon de l'étude Burgundy School of Business (BSB) s’élève à 45,1% en 2019. | 089photoshootings / Pixabay

Le taux de féminisation des conseils d'administration des sociétés du SBF 120, qui regroupe les entreprises du CAC 40 et quatre-vingts autres dont la valeur est cotée à Paris, continue de progresser, selon le dernier Baromètre de la diversité dans les conseils d'administration, publié chaque année depuis 2014 par l'École supérieure de commerce de Dijon-Bourgogne appelée aussi Burgundy School of Business (BSB).

Après la tenue des assemblées générales de 2019, ce taux s'élève à 45,1% contre 44% en 2018 dans l'échantillon mesuré, soit 110 entreprises. Premier fait à noter: toutes les sociétés ont aujourd'hui atteint le seuil de 40% exigé par la loi Copé-Zimmermann et pour 30% d'entre elles, la part des femmes est entre 50% et 60%.

Burgundy School of Business

L'enseignement principal de cette dernière vague statistique reste que les profils des hommes et des femmes qui siègent sont de plus en plus semblables. Si l'on trouve encore une différence d'âge significative entre les nouvelles personnes qui occupent des postes dans l'administration, les hommes ayant 56 ans en moyenne et les femmes 52 ans, les formations et les parcours professionnels convergent.

De plus en plus de profils techniques féminins

La formation en gestion, même si sa part est en recul, reste celle qui est la plus représentée et sans différence du point de vue du genre (64,1% en moyenne, 61,9% chez les hommes et 66,7% chez les femmes), suivie par les formations de type technique (école ingénieur, mathématique, informatique, etc.: 24,8% en global) ou administration (17%, il s'agit de l'IEP par exemple).

Sur le plan de la formation technique, les profils par genre semblent se rapprocher, avec une forte augmentation chez les femmes (20% contre 14%) et une importante baisse chez les hommes (29% contre 41%). Si le recrutement de profils juridiques a tendance à augmenter, ils restent cependant rares parmi les nouvelles recrues (10,5%). La formation internationale représente également une caractéristique importante et en augmentation dans le profil des nouvelles personnes en poste dans l'administration (52,3% contre 44,2% en 2018) et est davantage présente chez les nouvelles femmes élues (56,5% contre 48,8% chez les hommes).

Burgundy School of Business

En ce qui concerne le parcours professionnel, avoir exercé une fonction à la direction générale semble toujours être un critère important dans le recrutement. Ce critère est à la hausse chez les hommes et chez les femmes, même si cette caractéristique est moins présente chez ces dernières: 4 femmes sur 10 seulement disposent de cette expérience chez les nouveaux administrateurs, contre 6,4 hommes sur 10.

L'expérience en ministère reste stable pour les deux populations, et est toujours bien supérieure chez les hommes nouvellement élus. La surreprésentation des hommes dans les fonctions de direction et au sein des postes ministériels explique la différence significative entre les deux genres relative à ces deux critères, qui se maintient en 2019. Elle ne pourra évoluer qu'au fur et à mesure que les femmes accèderont aux hautes fonctions publiques ou en entreprises.

Les hommes cumulent moins de mandats

L'expérience en finance est toujours très importante à ces postes, sans différence majeure selon le genre. De manière cohérente avec la formation technique, l'expérience en production a augmenté chez les nouvelles administratrices tandis que celle des hommes a diminué: les critères convergent.

Disposer d'une expérience internationale semble être un atout: plus de 70% des personnes qui arrivent dans ces fonctions ont une expérience internationale et ce critère est en forte hausse (70% contre 54% en 2018 pour les femmes, 74% contre 63% en 2018 pour les hommes).

Parmi ces nouveaux profils, 64% siègent ou ont déjà siégé dans un conseil d'administration d'une société cotée française ou étrangère, avant leur élection lors des dernières assemblées générales: 58% pour les femmes (contre 50% en 2018) et 69% pour les hommes (contre 78% en 2018).

L'écart se restreint donc entre les hommes et les femmes: progressivement les administratrices ont également plusieurs mandats et simultanément les hommes cumulent moins de mandats, étant remplacés par des femmes.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

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