Sciences

Les hallucinogènes favorisent-ils une prise de conscience écologique?

Temps de lecture : 2 min

Les substances psychoactives auraient la capacité de nous rapprocher de la nature.

«Maintenant je me sens partie intégrante de la nature», expliquait une personne après avoir pris une dose de substance hallucinogène dans le cadre d'une étude de 2018. | mskathrynne via Pixabay
«Maintenant je me sens partie intégrante de la nature», expliquait une personne après avoir pris une dose de substance hallucinogène dans le cadre d'une étude de 2018. | mskathrynne via Pixabay

«Nous abusons de la terre parce que nous la considérons comme une marchandise qui nous appartient. Quand nous voyons la terre comme une communauté à laquelle nous appartenons, nous pouvons commencer à l'utiliser avec amour et respect.» Ces deux phrases de l'écologiste américain Aldo Leopold écrites en 1949 résument bien la manière dont nous considérons aujourd'hui la nature. Un objet, quelque chose qui nous permet d'arriver à nos fins, mais que nous ne regardons plus, que nous ne respectons plus, que nous n'écoutons plus.

Alors que l'Organisation des Nations unies appelait en mars 2019 à passer à l'action contre le réchauffement climatique, comment faire pour changer notre rapport à la nature et, avec ça, nos comportements? «La catastrophe écologique que nous connaissons actuellement est due à une déconnexion de la nature», déclare Sam Gandy, écologiste et assistant scientifique à la Beckley Foundation, un groupe de recherche sur les psychédéliques, à Vice. «Nous reconnecter à la nature est l'une des choses les plus importantes sur lesquelles nous devons travailler.»

Des scientifiques étudient déjà les possiblités de recourir aux substances hallucinogènes pour nous remettre la tête à l'endroit: elles auraient des effets bénéfiques concernant les maladies mentales, et pourraient nous aider à nous reconnecter avec notre nature.

Des effets sur notre manière de penser

«Maintenant je me sens partie intégrante de la nature», expliquait une personne après avoir pris une dose de substance hallucinogène dans le cadre d'une étude réalisée en 2018 par l'Imperial College of London. «Avant je la regardais comme une chose, comme on regarde la télévision ou un tableau.» Car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, des études scientifiques ont été menées sur le sujet.

Dans les années 1960 et 1970, l'utilisation de drogues psychédéliques a coïncidé avec l'arrivée des premiers mouvements écologistes –notament le mouvement hippie. Ce phénomène n'était pas une simple coïncidence. En 2017, un psychologue de l'Université Yale, Matthias Forstmann, a réalisé une étude qui semble confirmer un lien, via un sondage mené auprès de 1.500 personnes sur leurs expériences en matière de consommation de drogues, leurs rapports à la nature et leurs comportements pro-environnementaux. En contrôlant les autres substances prises, les traits de personnalité et les facteurs démographiques, le chercheur a pu déterminer que les produits psychoactifs avaient la capacité de renforcer notre connexion avec la nature.

Forstmann pense que les hallucinogènes favorisent cette connectivité (et l'activité pro-environnementale induite) par le biais d'un phénomène très débattu parmi les spécialistes: la dissolution de l'ego. Normalement, nous comprenons clairement où nous nous arrêtons et où commence le monde extérieur, mais les psychédéliques brouillent cette ligne et permettraient aux individus de faire corps avec l'environnement.

Rappelons que malgré la décision récente de la ville de Denver, qui a légalisé les champignons hallucinogènes le 9 mai dernier, la consommation de ces substances est interdite dans la plupart des pays du monde.

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