Médias / Société

Les psys, nouvelles coqueluches d'Instagram

Temps de lecture : 2 min

Des conseils gratuits acclamés par des milliers de followers qui prennent ensuite rendez-vous pour une véritable thérapie.

Une manière de rendre accessibles des méthodes abordées en thérapie, le coût de la séance et l'échange exceptés. | Thought catalogue via Unsplash
Une manière de rendre accessibles des méthodes abordées en thérapie, le coût de la séance et l'échange exceptés. | Thought catalogue via Unsplash

Sur Instagram, on croise des bols de petit-déjeuner aux couleurs de l'arc-en-ciel, des paysages turquoise, des lumières orange, des citations sur fond rose poudré et surtout l'impératif moral du bien-être et du bonheur. Un terrain tout ce qu'il y a de plus approprié pour les psychothérapeutes.

Aux États-Unis, les nouvelles coqueluches d'Instagram, suivies par des centaines de milliers de personnes, prodiguent chaque jours d'inspirants conseils sur leur page. À la différence de l'influenceur qui vantera les bienfaits minceur d'un açai bowl hyper sucré, les «insta-thérapeutes» sont des professionnel·les de la santé, diplômé·es et exerçant en parallèle dans un cabinet.

Des conseils gratuits

Lisa Olivera, dont le compte atteint les 165.000 abonné·es, est psychologue en Californie. Il s'agit pour elle de rendre accessibles des méthodes abordées en thérapie, le coût de la séance excepté. Une philosophie louable dans la mesure où en 2017, sur les 20% d'Américain·es qui déclaraient souffrir de troubles psychologiques, moins de la moitié ont pu bénéficier d'une thérapie.

Pour Allyson Dinnen, psychologue dans le Massachusetts et cumulant quelque 130.000 abonné·es à son compte, c'est le désir de parler au plus grand nombre, sans donner non plus de directives qui l'a poussée à exercer sur Instagram. Leur but n'étant pas de promouvoir un produit, elles ne sont pas influenceuses. Néanmoins, elles tirent de sérieux bénéfices de cette popularité sur les réseaux, drainant client·es et même contrats de livres.

Ce n'est pas une thérapie

Puisque les patient·es ne parlent pas, il n'y a pas d'échange et a fortiori pas de suivi. La psychothérapie sur Instagram, c'est les conseils des psychothérapeuthes, sans la thérapie. Interrogé par le New York Times, un webdesigner de 36 ans explique qu'il trouve dans ces comptes Instagram un support quotidien: «Ce que poste Lisa Olivera, c'est simplement ce que me dirait mon psy.» Ces comptes Instagram peuvent ainsi déclencher une prise de conscience et encourager les followers à consulter plus tard, pour profiter d'une vraie thérapie.

Cependant inquiète de la popularité croissante de cette thérapie du réseau social, l'Association américaine de psychologie envisage d'établir une sorte de déontologie de l'insta-thérapeute. Ne pas donner de conseils personnalisés en réponse à des messages privés, être prudent·e sur la façon dont sont interpellé·es les followers.

Slate.fr

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