Sciences

Nos cris font partie intégrante de notre identité

Temps de lecture : 2 min

Réjouissez-vous, vos hurlements sont uniques.

«La capacité d'identifier qui crie est probablement un mécanisme d'adaptation», selon Harold Gouzoules, professeur de psychologie. | Jason Rosewell via Unsplash
«La capacité d'identifier qui crie est probablement un mécanisme d'adaptation», selon Harold Gouzoules, professeur de psychologie. | Jason Rosewell via Unsplash

Nos cris sont uniques et reconnaissables à l'oreille humaine; c'est ce qu'affirme l'étude réalisée par l'Université Emory et publiée dans le journal PeerJ. Leur spécificité permettrait de définir notre identité personnelle et de déterminer leur origine. Par exemple, on crie différemment quand on voit une araignée et lorsqu'on se casse une jambe.

Des singes aux êtres humains

Harold Gouzoules, auteur principal de cette étude et professeur de psychologie à l'Université Emory, avait, avant d'étudier les cris humains, commencé par s'intéresser à ceux des singes. Il était arrivé à la conclusion que certaines espèces de primates étaient devenues plus sociales, crier étant pour elles un moyen d'appeler à l'aide. Les primates sont capables d'identifier si le cri provient d'un individu important pour eux, et de réagir en conséquence.

Pour les êtres humains aussi, reconnaître les individus à l'aide de signaux distinctifs est essentiel à l'organisation du comportement social: ils sont aptes à porter des jugements sur l'identité d'une personne en fonction de sa parole, même modifiée par un montage audio. Mais ces repères, dans le cas de certaines vocalisations particulières telles que les hurlements restent encore flous; c'est pourquoi Harold Gouzoules s'est penché sur le sujet.

Identifier les cris

Pour réaliser son expérience, il a rassemblé une grande variété d'enregistrements de cris, provenant aussi bien de performances au cinéma que de réactions sur YouTube. Le laboratoire a ensuite réuni 104 participant·es, à qui l'on a fait écouter des cris par paires sans indice visuel et qui ont essayé de déterminer s'ils émanaient de la même personne.

Il y avait trois cas de figures: la première expérience présentait deux cris provenant de deux personnes différentes mais qui étaient de même âge, même sexe, et dont le contexte du cri était similaire; dans la deuxième, les cris venaient de la même personne mais de contextes différents; enfin, la troisième présentait un cri et une version modifiée de ce même cri.

Il a été observé qu'il était plus facile pour les participant·es de porter des jugements précis sur la troisième expérience, qui présentait les deux versions d'un même cri: 80 sur 104 ont réussi l'épreuve. Une majorité a aussi pu discerner si les cris non modifiés avaient été produits par le même individu ou par deux individus différents.

«Nos résultats fournissent des preuves que les cris contiennent suffisamment d'informations pour permettre aux auditeurs de faire la distinction entre les différents interlocuteurs», conclut Harold Gouzoules.

Selon lui, il nous serait également possible de percevoir le contexte émotionnel d'un cri, en jugeant s'il est dû au bonheur, à la colère, à la peur ou à la douleur, mais pas de distinguer les cris imités des cris naturels.

Slate.fr

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