Monde

Pas de savon ni de lits pour les jeunes personnes migrantes détenues au Texas

Temps de lecture : 2 min

Après que des avocat·es ont dénoncé les terribles conditions dans ces centres, des centaines d'individus mineurs ont été transférés.

Un centre de rétention pour jeunes migrant·es à Clint au Texas, le 21 juin 2019. | Paul Ratje / AFP 
Un centre de rétention pour jeunes migrant·es à Clint au Texas, le 21 juin 2019. | Paul Ratje / AFP 

Le 21 juin dernier, l'Associated Press a publié un reportage sur la visite effectuée par plusieurs avocat·es dans un centre de détention pour migrant·es mineur·es de Clint au Texas, qui ont décrit un centre surpeuplé où nombre de jeunes dorment à même le béton, sans douches et sans savon pour se laver, avec des bébés malades qui manquent de couches propres.

Depuis, plusieurs autres médias ont publié des reportages similaires. Le scandale a été tel que des centaines de personnes migrantes ont été transférées vers un autre centre et le directeur du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) a démissionné.

Dans une interview avec la radio NPR, un des avocat·es qui avait visité le centre de Clint expliquait: «Un grand nombre d'entre eux n'ont pas pu prendre de douche depuis des semaines. Beaucoup ne sont autorisés à se laver les dents qu'une fois tous les dix jours. Ils n'ont pas de savon. Les conditions sont incroyablement insalubres, et nous sommes inquiets pour la santé de ces enfants.»

Interprétations de la loi

La colère contre l'administration Trump s'est intensifiée lorsque le compte-rendu d'un procès sur cette question a été rapporté dans les médias. Dans un tribunal de San Francisco, une avocate représentant le gouvernement a défendu les conditions de détention insalubres des migrant·es devant plusieurs juges. Elle a expliqué que la loi garantissant la «sécurité» et les conditions «hygiéniques» de ces centres ne mentionnait pas spécifiquement les lits ou le savon.

Son échange avec les juges, qui n'ont pas encore rendu leur verdict, est devenu viral: «Certes, le décret ne comprend pas de liste des produits qui doivent être fournis pour respecter l'hygiène, a rétorqué le juge Wallace Tashima. Mais c'est l'interprétation courante. Si vous n'avez pas de brosse à dents et pas de savon, si vous n'avez pas de couverture, vous n'êtes pas “en sécurité”, ni dans des conditions “hygiéniques”. Tout le monde serait d'accord, non?»

L'argument de l'avocate du gouvernement consiste à justifier cette situation au nom de règles qui seraient trop vagues (pas de mention de savon et de lits dans la loi) pour être appliquées facilement...

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