Parents & enfants / Société

Les jeunes boivent moins mais les jeunes boivent mal

Temps de lecture : 2 min

C'est un peu la faute de leurs progressistes de parents.

Au placard l'interdiction. Il s'agit désormais de ne surtout pas diaboliser l'alcool. | Med Mahmdi / Unsplash
Au placard l'interdiction. Il s'agit désormais de ne surtout pas diaboliser l'alcool. | Med Mahmdi / Unsplash

Ô joie! Les adolescent·es, ces fripouilles qui nous mènent la vie dure, boivent moins. Un rapport de 600 pages de l'Institut national sur l'abus de drogues des États-Unis vient tout juste d'en faire le constat.

D'après les résultats, fondés sur l'étude de jeunes de 13 à 17 ans, c'est surtout la consommation régulière qui a chuté (tous les jours, ou tous les mois), en particulier chez les plus âgé·es. Seulement 18% de jeunes de 17 ans déclarent boire au moins une fois par mois contre plus du double au milieu des années 1990. Pour tous les âges cumulés, la consommation quotidienne a baissé de près de 75% par rapport à 1975. Mais tout encourageants qu'ils soient, ces résultats ne cachent pas que l'ivresse, elle, a considérablement augmenté.

Binge-drinking, boire beaucoup (beaucoup)

C'est le point noir au tableau de ce rapport prometteur. Les jeunes de 17 ans sont 43% à avoir déclaré s'être déjà retrouvé·es ivres dont 18% au cours du dernier mois. On associe sans peine cette prévalence de l'état d'ébriété à ce qu'on appelle le binge-drinking (le fait de boire en quantité démesurée, à partir de cinq verres au cours d'une même soirée). C'est précisément ce qui préoccupe les personnes à l'origine du rapport. Chez les lycéen·es qui boivent régulièrement, 14% disent avoir bu plus de cinq verres en une soirée au cours des deux semaines précédentes, 5% plus de dix et 3% plus de quinze. L'objectif coule de source, il s'agit d'être ivre le plus vite possible.

Si cette tendance à l'immodération a des conséquences immédiates, comme le coma éthylique, ce sont aussi ses effets sur le long terme qui inquiètent. L'alcool impacte particulièrement l'hippocampe, une structure du cerveau à l'origine de la mémoire. Formée mais encore malléable à l'adolescence, sa modulabilité la rend très fragile. On rit du fameux black-out propre aux premières cuites, mais des scientifiques ont constaté des résultats significativement plus mauvais pour des personnes qui boivent fréquemment que pour celles qui s'abstiennent sur des tests d'attention ou de mémorisation.

Mauvaise éducation

Un article du Washington Post lie cette tendance au binge-drinking des jeunes à celle des parents qui consiste peu ou prou à faire ami·e-ami·e avec son ado, la culture de l'interdit n'ayant plus le vent en poupe. Il s'agit désormais de ne surtout pas diaboliser l'alcool.

Ainsi fera-t-on fera l'éloge de la consommation modérée en buvant en famille. On familiarise tôt les jeunes avec l'alcool, ce qui n'est pas sans rappeler les résultats de plusieurs études qui montrent que plus on aura essayé l'alcool jeune, plus on aura de chance de tomber dans la dépendance.

On tolérera aussi que les ados boivent sans réserve en restant dormir sur les lieux de fête (pour ne pas avoir à rentrer en voiture ou en stop). Pourquoi se priver dès lors de boire cinq, ou dix verres? Copiner au sujet de l'alcool plutôt que de priver fermement et simplement les mineurs, en plus d'être totalement inefficace, a même une influence négative.

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