Sports

Le succès de la France en Coupe du monde de football peut-il durer?  

Temps de lecture : 3 min

La France n'a pas encore remporté de victoire écrasante, contrairement à l'équipe des États-Unis, co-favorite du championnat.

La milieu de terrain française Amandine Henry (cachée) est félicitée par ses coéquipières après avoir marqué un but en huitième de finale face au Brésil, pendant la Coupe du monde féminine de football, le 23 juin 2019 au Stade Océane (Le Havre). | Franck Fife / AFP
La milieu de terrain française Amandine Henry (cachée) est félicitée par ses coéquipières après avoir marqué un but en huitième de finale face au Brésil, pendant la Coupe du monde féminine de football, le 23 juin 2019 au Stade Océane (Le Havre). | Franck Fife / AFP

Un match à sens unique: voilà ce que nous ont donné à voir les 80 premières minutes du match France-Brésil de ce dimanche 23 juin. Gageons que cette rencontre demeurera la plus déséquilibrée de cette Coupe du monde 2019.

Il ne s'agissait pas d'un déséquilibre technique. Le match fut au contraire très serré, et ne s'acheva qu'à la 120e minute; il vit notamment la défenseuse Griedge Mbock sauver son équipe en interceptant le ballon sur la ligne de but, et l'attaquante Amandine Henry marquer le but décisif en prolongations, départageant enfin une France co-favorite d'un Brésil tenace (2-1). Le déséquilibre était purement géographique: les deux équipes ont longtemps tenté d'occuper le même côté du terrain. La France a fini par ouvrir son jeu, reprenant ainsi le contrôle de l'espace.

L'attaquante Kadidiatou Diani, qui alterne entre les positions d'avant et d'ailière droite depuis le début du championnat, devait jouer à l'avant dimanche –ce qui ne l'a pas empêchée de jouer la majorité du match à droite, occupant les mêmes espaces que sa partenaire Viviane Asseyi (elle véritable ailière). L'attaquante avant Valérie Gauvin a elle aussi fini par s'orienter vers la droite, par la force des choses: elle suivait le ballon. La milieu de terrain Amandine Henry est elle-même souvent dans cette zone pour soulager ses attaquantes. C'est dire si l'endroit était bondé.

Ne plus faire le jeu de l'adversaire

Les Brésiliennes, elles, voulaient jouer sur leur flanc gauche (soit le même côté du terrain); ce sont donc Tamires (arrière gauche) et Debinha (ailière aux pieds agiles et à l'esprit plus vif encore) qui sont parties à l'assaut des Françaises. Accompagnées de l'avant Cristiane et de la milieu de terrain Thaísa, les deux joueuses ont tenté de profiter du grand nombre de Françaises engagées de ce côté du terrain –en pariant sur les contres. Ce fut donc un match de football disputé sur l'équivalent d'une piste de bowling: l'essentiel des actions ont été réalisées sur une étroite bande de terrain.

C'est l'équipe brésilienne qui est parvenue à tirer son épingle de ce petit jeu –pendant un temps. C'est elle qui a réalisé le plus de tirs cadrés, avec une possession de balle égalant presque celle de l'adversaire, et (possiblement) plus d'occasions nettes. Les échappées brésiliennes ont été plus précoces et plus fréquentes; les joueuses se retrouvaient alors dans des positions centrales particulièrement dangereuses. Le Brésil a envoyé l'essentiel de ses défenseuses bloquer les attaquantes françaises sur leur flanc, en les mettant au défi de changer leur fusil d'épaule et d'attaquer sur la droite. La France a rarement tenté de tels assauts –une réticence qui a de quoi surprendre: son ailière gauche et son arrière gauche sont sans doute les meilleures joueuses de leur catégorie, tous pays confondus. Les deux françaises ont offert à leur équipe quelques-unes des plus belles occasions de la soirée –lorsqu'elles parvenaient à trouver les bonnes positions. Elles furent pourtant bien peu gâtées au niveau des passes, leurs coéquipières ne les considérant clairement jamais comme des priorités.

Tout bascule à la 81e minute, lorsque la France parvient à rétablir une forme d'équilibre en faisant entrer Gaëtane Thiney à la place d'Asseyi. Eugénie Le Sommer et Amel Majri partent plus souvent à l'assaut du flanc opposé. C'est finalement Henry qui offre la victoire à la France en envoyant un coup franc au fond des filets –le genre de frappe que l'équipe aurait dû tenter tout au long du match.

La France n'a pas encore remporté de victoire écrasante, contrairement à l'équipe des États-Unis, l'autre co-favorite du championnat. Les analyses du parcours des Bleues ne manquent pas: certain·es diront qu'elles n'ont pas été à la hauteur des louanges et de l'anticipation de l'avant-championnat; d'autres minimiseront le niveau de leurs adversaires; d'autres encore affirmeront qu'elles ont un mental d'acier et qu'elles sont capables de sortir victorieuses de situations particulièrement difficiles.

Tant qu'elles demeureront invaincues, aucune de ces théories ne sera gravée dans le marbre. Mais si elle compte triompher des États-Unis en quart de finale, une chose est sûre: l'équipe de France devra prendre garde à ne plus faire le jeu de l'adversaire.

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