Société / Économie

Les millennials dépensent moins que leurs parents au même âge

Temps de lecture : 2 min

N'en déplaise à ses détracteurs, cette génération ne mérite pas l'image hédoniste insouciante qui lui colle à la peau.

Leurs parents dépensaient plus en loisir, culture, restaurants et en habits à leur époque. | Sharon McCutcheon / Unsplash
Leurs parents dépensaient plus en loisir, culture, restaurants et en habits à leur époque. | Sharon McCutcheon / Unsplash

Quand on lui a demandé si, selon lui, les jeunes seront un jour propriétaires, le millionnaire Tim Gurner a répondu tout naturellement que sûrement pas, en tout cas «pas tant qu'ils dépenseront 40 dollars par jour pour des avocado toast et des cafés sans travailler». Ce reproche figure parmi les principaux qui sont faits aux millennials. Génération panier percé, davantage dévouée au culte du foodporn à 25 euros le brunch qu'à économiser, il semblerait pourtant qu'elle dépense moins que les générations précédentes qui aiment à les critiquer.

Le toit et le ventre

Un think tank anglais s'est fait porte-parole de la jeune génération dans un rapport rendu en juin 2019. Alors qu'au même âge, le pouvoir d'achat avait augmenté de 37% chez les plus de 65 ans et de 11% pour les 50-65, il a baissé de 7% pour les 18-24 ans. Les parents de la jeune génération dépensaient plus en loisir, culture, restaurants et en habits, pour un total dédié aux dépenses hors loyer de 460 livres sterling en valeur réelle (environ 520 euros) contre 380 (près de 425 euros) pour les moins de 35 ans.

Hausse du coût du logement, working poors, raréfaction des offres de CDI... les vingtenaires britanniques sont 3,4 millions à vivre chez leurs parents, soit un million de plus qu'il y a vingt ans. Contrairement à l'idée reçue, les jeunes sont loin de vivre dans l'insouciance. Leur passion pour les brunchs et autres carrot cakes hors de prix pourrait même être un symptôme de ce malaise. Dans A Taste of Generation Yum [Un goût de génération Miam], Eve Turow interprète ce phénomène comme l'ultime rempart dans un monde qui échappe au contrôle. Accabler la jeune génération ne servirait qu'à étouffer un puissant ressentiment à l'égard des aîné·es.

Rupture du contrat social

Dans le rapport anglais, le contrat social est défini comme un accord tacite passé entre les générations: les jeunes travaillent et payent pour leurs aîné·es, en échange de la promesse d'une mobilité sociale ascendante permettant d'accéder à un confort au moins équivalent. Dans la mesure où les millennials ne parviennent plus à grimper l'échelle sociale, le contrat social est rompu. Dès lors, plutôt que de laisser les générations s'accuser mutuellement des pire maux, ne faudrait-il pas tenter de le repenser?

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