Monde / Culture

La Chine censure l'hymne des manifestations à Hong Kong

Temps de lecture : 2 min

La chanson «Do You Hear the People Sing?» est la dernière victime de la grande muraille numérique chinoise.

Dans les rues de Hong Kong, après la marche du 12 juin 2019. | Hector Retamal / AFP
Dans les rues de Hong Kong, après la marche du 12 juin 2019. | Hector Retamal / AFP

Le pouvoir contestataire de la musique n'est plus à démontrer. On se rappelle les vinyls de rock que les impitoyables parents des sœurs Lisbon les forçaient à brûler dans Virgin Suicides.

Alors quand les deux millions de manifestant·es à Hong Kong entonnent en chœur la chanson «Do You Hear the People Sing?» («Entendez-vous chanter le peuple?») issue de la comédie musciale Les Misérables, on comprend que les autorités chinoises coupent vite le robinet de la révolte.

Si les mobilisations à Hong Kong contre la loi d'extradition vers la Chine ont fait la une de tous les journaux internationaux depuis début juin (un million de personnes dans les rues le 9, et deux millions le 16), le peuple chinois n'en a rien su.

Le gouvernement n'a fait circuler que quelques communiqués officiels et un article d'opinion –il va sans dire largement en faveur de la loi– dans le Quotidien du peuple, l'organe officiel du Parti communiste. Une fois les sources d'information bâillonnées, il ne lui restait plus qu'à censurer tout ce qui pouvait avoir trait à la dissidence.

Air de révolte

Référence à l'insurrection républicaine de 1832 dépeinte dans le livre de Victor Hugo, «Do You Hear the People Sing?» a tout d'un appel à la révolte.

Entonnée une première fois en 2014 pendant le mouvement des parapluies, qui avait déjà soulevé la population d'Hong Kong contre Pékin, ou pendant la révolution ukrainienne de 2014, la chanson de la troupe des Misérables a été reprise lors de la marche noire du dimanche 16 juin.

Elle est devenue l'hymne du peuple en colère et symbolise son refus d'être esclave du pouvoir. Il n'en fallait pas plus déclencher les sirènes de Pékin.

Bloquée sur QQ Music, l'une des plateformes de streaming musical les plus importantes en Chine, retirée de l'album de la troupe, on croirait presque que le titre n'a jamais existé –comme si un Winston Smith à la Orwell avait été chargé d'effacer et de réécrire l'histoire de la musique.

Si les autorités chinoises cherchent visiblement à supprimer toute mention de la chanson sur internet, l'efficacité de la censure n'est pas totale et il existe encore des biais pour y accéder.

Slate.fr

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