Égalités / Parents & enfants

Les pères aussi souffrent des critiques de leur entourage

Temps de lecture : 2 min

Qu'on se le dise: leur faire des reproches ne va pas les aider à être de meilleurs parents.

Plus de la moitié des pères feraient face à des critiques sur l'éducation de leurs enfants. | Peter Dhly via Unsplash
Plus de la moitié des pères feraient face à des critiques sur l'éducation de leurs enfants. | Peter Dhly via Unsplash

Entre nos parents qui considèrent que l'on savait mieux éduquer les enfants à leur époque et les photos de papas parfaits qui pleuvent sur Instagram, il y a de quoi se sentir un mauvais père.

Une étude publiée le 12 juin 2019 par le C.S. Mott Children's Hospital révèle que la pression engendrée par des remarques répétées devient difficile à gérer pour les pères. Quelque 52% des hommes interrogés ont déclaré avoir déjà été critiqués à propos de l'éducation de leurs enfants. En 2017, une enquête similaire de l'hôpital américain avait montré que 61% des mères étaient dans la même situation.

Chez les mères, la discipline et le régime alimentaire sont les principaux sujets de réprimande. Les reproches adressés aux pères sont différents: un tiers d'entre eux sont vus comme trop brute, un autre tiers ne feraient pas suffisamment attention à leur progéniture. Pour 40% des pères, ces critiques sont injustifiées, et neuf sur dix estiment qu'en général, les pères ne sont pas si incompétents que ce que l'on dit d'eux.

À l'origine d'un manque de confiance pour certains (28%) voire d'un désengagement de l'éducation de leur enfant pour d'autres (19%), le miroir renvoyé par ces injonctions permanentes ne semble pas vraiment bénéficier à celui qui les reçoit –d'autant qu'elles sont bien souvent émises par les personnes qui les entourent au quotidien.

Mise à l'écart

C'est le cercle familial qui discrédite le plus les pères, et en premier lieu l'autre parent (44% des cas) et les grands-parents (24% des cas). Viennent ensuite les professionnel·les qui encadrent leur enfant, le corps professoral et médical: 11% des pères ont déjà senti que des enseignant·es présumaient qu'ils n'avaient pas une connaissance suffisante des besoins et du comportement de leur enfant, et 12% que des médecins les jugeaient inaptes à évaluer son état de santé.

Cet afflux de critiques place les pères dans une position subalterne par rapport à l'éducation de leurs enfants: 23% d'entre eux ont eu l'impression d'être mis à l'écart dans les discussions sur les activités quotidiennes de leurs enfants.

Les préjugés entretenus au sujet des pères ne feront pas évoluer les rapports familiaux traditionnels. Alors avant de dire à un père qu'il ne s'implique pas assez pour son enfant, peut-être devrions-nous d'abord changer notre propre regard sur lui.

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