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Les meilleures options pour étudier l'astrophysique

Temps de lecture : 5 min

Vos débouchés dépendront des choix pour lesquels vous opterez tout au long de votre cursus.

L'observatoire de Mauna Kea à Waimea aux États-Unis. | Conner Baker / Unsplash
L'observatoire de Mauna Kea à Waimea aux États-Unis. | Conner Baker / Unsplash

L'astrophysique est un métier fascinant à multiples facettes. Tenter de percer les mystères de l'univers, des galaxies, étoiles, (exo)planètes et des lois fondamentales de la physique, voyager dans les plus grands observatoires de la planète, échanger avec les collègues du monde entier, concevoir et utiliser les télescopes spatiaux ou les sondes planétaires les plus performants jamais envoyés, utiliser les plus grands centres de calcul du monde ou développer les théories et modèles les plus raffinés qui soient, former les jeunes générations, informer le public et les décideurs, participer au débat public, etc. Autant de moments forts des vies professionnelles de ces scientifiques.

D'autres activités rythment leur quotidien: écrire des articles, rédiger de nombreuses propositions, notamment de financement ou de télescope –dont la plupart seront rejetées–, monter des projets et des collaborations internationales… au risque, parfois, de soubresauts d'ego qui ruinent des semaines d'effort. Il faut aussi convaincre les agences spatiales du bien-fondé de ces projets et assister à de nombreuses réunions: équipe, collègues, labo, université, projet, commissions et évaluations variées qui ne vont pas sans leur lot d'écriture de rapports. Twitter permet de rester connecté au quotidien des scientifiques spécialisé·es en la matière. L'auteur de cet article est à retrouver ici. On peut aussi s'abonner aux comptes anglophones les plus suivis.

Les études

L'astrophysique est un domaine vaste dans lequel on peut faire de la théorie, de l'instrumentation, des simulations numériques, des big data, de l'analyse de données, des modèles, de la théorie. Il couvre de larges sujets de sorte qu'il est possible et légitime, avant de devenir astrophysicien·ne, de faire des études de chimie, géologie, mathématiques, traitement du signal, informatique, sciences de l'ingénierie.

Pour prétendre exercer cette profession, il faut pousser les études supérieures jusqu'au doctorat, un diplôme auquel on peut postuler après le master 2 (niveau bac+5) et qui s'obtient après avoir soutenu une thèse au bout de trois ans. Les filières qui débouchent sur un master 2 sont variées mais peuvent se résumer à deux filières: l'université (licence puis master) ou école d'ingénieur (prépa ou université, puis trois ans d'école ou école universitaire telles que Polytech) permettant de suivre un master 2 lors de la troisième année.

Les parcours qui permettent d'obtenir un diplôme en astrophysique sont rarement linéaires. | Mikael Kristenson / Unsplash

De nombreuses exceptions existent, telle que commencer par un IUT puis intégrer une licence puis un master; des premiè.res de la classe ont brillé dans les parcours d'excellence. Rares sont les parcours linéaires: j'ai pour ma part eu trois ans de retard dans mes études, raté quelques examens puis suis passé en deuxième session, ce qui ne m'a pas empêché de majorer l'année de mon DEA (équivalent du master 2 actuel).

Votre avenir ne se jouera pas nécessairement dès votre première année dans le supérieur mais se déterminera sur votre motivation et votre maturité (sur la qualité du travail, en d'autres termes). Parfois, comme pour moi jadis, cela peut nécessiter plusieurs années de maturation et d'années non validées –je ne parle pas d'échec: chaque année est très utile pour se construire, se déterminer, s'ouvrir, rencontrer des personnes qui font déjà de la recherche ou des étudiant·es exceptionnel·les qui marqueront votre existence, même si vous n'obtenez pas les notes pour passer au niveau supérieur.

Les métiers

Si le métier peut faire rêver, de très nombreuses autres activités tout aussi intéressantes et bien plus diverses le rendent possible: le droit par exemple permet de devenir expert en droit de l'espace –un métier très prisé. Les métiers techniques et administratifs sont moins connus mais également passionnants.

Que vous aimiez la comptabilité, l'électronique, la mécanique, l'administration publique, les ressources humaines, l'optique, le management, l'informatique (du hardware à l'IA), la communication (et j'en oublie): toutes ces professions sont représentées dans la recherche fondamentale des organismes nationaux de recherche comme le CNRS ou le CEA, des universités et des agences comme le Cnes, l'Esa ou l'Eso.

De nombreuses filières s'offrent à vous, en particulier les études d'ingénierie et de technicien·nes supérieur·es.

Des grandes et petites entreprises liées au spatial ou aux technologies proches de l'astrophysique ont également besoin de spécialistes.

Pour les professions techniques et administratives, de nombreuses filières s'offrent à vous, en particulier les études d'ingénierie et de technicien·nes supérieur·es. Une brochure complétée d'interviews sur les métiers liés au spatial ne sera pas de trop de vous y retrouver.

Les débouchés

Certains parents, qui sentent leur panique monter devant les chiffres du (très) faible nombre de postes d'astrophysicien·nes ouverts chaque année en France, pourraient déconseiller à leurs enfants de s'engager dans cette voie. Ce serait regrettable.

Ces études sont passionnantes. Des étudiant·es de licence arrivent à l'université avec une idée de métier ou de thématique en tête et au bout d'un semestre changent complètement d'avis. De nouvelles passions ou centres d'intérêt naissent au fil du cursus.

L'enseignement supérieur a ceci de merveilleux qu'il permet aux personnes qui font des études de se confronter à de nombreuses disciplines, approches et thèmes tous plus enrichissants (sans parler de l'épanouissement personnel lié à la vie étudiante).

Il est fréquent que les étudiant·es s'orientent à terme vers d'autres horizons pas moins intéressants.

Puisque les métiers de l'astrophysique sont variés, pourquoi se focaliser sur les postes accessibles à bac+8 alors que technicien·ne supérieur·e, ingénieur·e, et d'autres options sont possibles qui proposent des débouchés dans la recherche publique et les entreprises?

Les docteur·es en astrophysique, une fois leur thèse en poche, vont en grande majorité poursuivre leurs carrières dans les entreprises, notamment en tant que data scientist. Leur expertise et hauteur de vue sur les effets statistiques des échantillons sont notamment très prisées. Il est fréquent que les étudiant·es s'orientent à terme vers d'autres horizons, qui ne sont pas moins intéressants.

Un collègue avisé a confié à ses élèves: «Vous appréciez les pâtisseries? Voulez-vous pour autant devenir pâtissier? L'astrophysique c'est pareil! Ce n'est pas parce qu'on aime ce thème qu'il faut pour autant en faire son métier.» Sans forcer le trait, il reste cependant vrai que de nombreuses formations et spécialités passionnantes s'offrent aux étudiant·es, dans le domaine très vaste de l'astrophysique ou dans d'autres matières.

Conseils aux élèves qui sortent du lycée

J'ai proposé des conseils assez généraux pour les choix dans Parcoursup. S'agissant ici de la thématique de l'astrophysique et de la recherche fondamentale, je conseillerais aux jeunes qui se lancent dans les études:

  • de ne pas vous censurer quant à vos projets (en particulier les filles: toutes les formations sont accessibles): la motivation est un facteur déterminant de réussite;
  • de considérer que le choix de la première année dans le supérieur ne va pas déterminer toute votre vie: votre parcours pourra évoluer en fonction de vos goûts, rencontres et résultats;
  • de profiter de chaque instant dans votre formation supérieure pour questionner les enseignant·es qui font de la recherche et les personnels sur leurs métiers afin de vous faire une idée plus précise;
  • l'université offre une grande richesse de formations, sélectives ou non, permettant de répondre aux enjeux sociétaux, économiques, climatiques, technologiques, scientifiques et humains de demain: profitez-en pour trouver votre voie.

Enfin, il n'y a pas que les études dans la vie, même si elles sont aussi structurantes quec fondamentales. Une vie personnelle riche avec une implication dans des associations, le sport, la musique, l'art, la culture, l'aide aux devoirs, l'humanitaire, etc. ou suivant toute autre passion est source d'ouverture d'esprit et d'expérience; cela participe de la formation des citoyen·nes en général et des professionnel·les que vous deviendrez en particulier.

Interview de Hervé Dole par François Legrand. | Radio Paris-Saclay.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

The Conversation

Hervé Dole

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