Économie

La croissance économique n'augmente pas forcément le bien-être

Temps de lecture : 2 min

Un rapport statistique montre qu'il existe des divergences entre les pays étudiés.

Sur les 125 pays étudiés par l'étude du Gallup, 43 se retrouvent dans la situation du paradoxe d'Easterlin. | Samuel Zeller via Unsplash
Sur les 125 pays étudiés par l'étude du Gallup, 43 se retrouvent dans la situation du paradoxe d'Easterlin. | Samuel Zeller via Unsplash

On l'appelle le paradoxe d'Easterlin. Une observation statistique qui montre que la croissance économique ne se traduit pas nécessairement par une hausse du bien-être. Cette observation déchaîne les débats entre économistes depuis de nombreuses années.

D'un côté, ceux qui défendent que la croissance améliore le quotidien des gens –avancées de la médecine, des technologies qui facilitent la vie; de l'autre, ceux qui dénoncent une croissance source de désastres sociaux et environnementaux –augmentation des inégalités, pollution de l'air, etc.

Des divergences entre les pays

Pour déterminer s'il existe ou non un rapport entre bien-être et croissance économique, l'institut Gallup a décidé d'utiliser la méthode du sondage: demander à des personnes issues d'échantillons représentatifs à combien elles jugeraient leur niveau de bien-être sur une échelle de 1 à 10. Le 20 mars dernier, l'institut a présenté ses données dans le World Happiness Report. Les données montrent qu'en moyenne, plus un pays est riche, plus le bien-être de sa population est important. Mais elles démontrent que le paradoxe d'Easterlin est encore présent dans de nombreux pays.

Il existe de nombreux exemples montrant une augmentation parallèle entre PIB et bonheur. Le plus significatif est celui de la Chine, où le PIB par habitant a doublé en dix ans, pendant que son niveau de bien-être a augmenté de 0,43 point, pour atteindre un score supérieur à 5.

Mais généraliser cette corrélation n'est pas possible. L'Inde, comme la Chine, regarde son PIB grimper à une vitesse faramineuse (6,6% en 2017). Pourtant, le bien-être moyen dans le pays est en baisse de 1,2 point. Sur les 125 pays étudiés, 43 se trouvent dans cette situation.

Pourquoi ce paradoxe existe-t-il?

La croissance économique correspond à l'augmentation du PIB durant un temps défini. Ce dernier repose sur l'enregistrement comptable des transactions économiques matérialisées par une facture ou un ticket de caisse. Mais il n'en a que faire du bonheur et du bien-être. Il les laisse de côté et ne les prend pas en compte.

C'est pour cela qu'on le décrit souvent comme un indicateur aveugle, car il ne considère pas les conséquences politiques, sociales, éthiques et morales de ces transactions. Par exemple, si demain un cyclone ravage une partie de la France, l'impact négatif sur la population ne sera pas pris en compte. Mais les réparations, elles, feront mécaniquement augmenter le PIB. Ainsi, ce n'est pas parce que la croissance économique augmente, que le bien-être d'une population augmente automatiquement.

Ensuite, se pose la question du bien-être. C'est quoi le bien-être, le bonheur? Comment le calculer? Cela repose sur bien d'autres facteurs: les services publics, les institutions politiques, la qualité de l'environnement... Mais il est surtout le fruit de considérations individuelles et très subjectives.

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