Économie

Les nouveaux billets de banque anglais contiendront de la graisse animale

Temps de lecture : 2 min

Une information mal accueillie par les associations vegans et religieuses.

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«Dans notre société, nous continuons de croire que nous pouvons utiliser les animaux comme bon nous semble.» | PublicDomainPictures via Pixabay

Encore une fois, les autorités anglaises ont voulu faire différemment et se retrouvent critiquées de toutes parts. Et surtout par les Anglais eux-mêmes. Cette fois-ci, cela concerne les billets de banque. Car, si vous ne le saviez pas encore, les billets de 5 livres, de 10 livres, de 20 livres et maintenant de 50 livres sont en plastique.

La décision de produire des billets différents de ceux en coton, distribués dans les pays de l'Union européenne, a été prise en 2016 par la Banque d'Angleterre, car ils seraient plus résistants à la saleté, à la moisissure ou encore à l'eau. Ce qui leur permettrait de tenir deux fois plus longtemps que les nôtres. Un avantage considérable qui permet à l'Angleterre de réduire sa production de billets et d'avoir un meilleur impact environnemental.

Mais cette conception est aujourd'hui largement critiquée par la population qui les utilise. En cause, la présence d'un agent: le suif.

Un agent critiqué dès 2016

Le suif ou tallow en anglais est un produit résiduel obtenu après la fonte de la graisse d'espèces animales comme le mouton ou le bœuf. Il se retrouve dans le polymère qui permet d'imperméabiliser le plastique.

En 2016, la confirmation, via un tweet de la Banque d'Angleterre, que les nouveaux billets de 5 livres contenaient cet agent avait fait l'effet d'une bombe. Vegans, végétariens, religieux s'étaient montrés choqués par cette annonce. Une pétition avait d'ailleurs récolté plus de 138.000 signatures, afin d'arrêter l'utilisation de graisses animales dans la fabrication de billets.

Trois ans plus tard, les billets de 5, 10 et 20 livres sont produits à partir du même plastique et la Banque d'Angleterre vient d'annoncer que les billets de 50 livres contiendraient eux aussi des graisses animales. «C'est très problématique que dans notre société, nous continuons de croire que nous pouvons utiliser les animaux comme bon nous semble», a déclaré Dominika Piasecka, porte-parole du groupe The Vegan Society auprès de The Independent.

Une position qui ne devrait pas bouger

La Banque d'Angleterre a réagi à ces critiques en affirmant que la seule alternative possible au suif pourrait être l'huile de palme. Elle a ajouté qu'elle refusait d'utiliser cette huile pour des raisons environnementales comme la déforestation.

Après la controverse de 2016, la Banque d'Angleterre avait réalisé, en 2017, une consultation publique concernant l'utilisation de graisses animales dans les billets de banque. Sur 3.354 personnes, 88% étaient contre cette utilisation et 48% étaient contre l'utilisation d'huile de palme.

Pourtant, l'établissement n'avait pas changé de position. Et même aujourd'hui, alors que les questions de protection animale prennent de plus en plus de place dans le débat public, les autorités anglaises affirment qu'elles souhaitent continuer dans cette voie.

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