Santé / Société

Trois raisons qui expliquent pourquoi les personnes seules meurent plus jeunes

Temps de lecture : 4 min

Depuis la Préhistoire, l’isolement peut être mortel.

Les êtres humains ont besoin d’interactions sociales | Sharon McCutcheon via Unsplash
Les êtres humains ont besoin d’interactions sociales | Sharon McCutcheon via Unsplash

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Pourquoi les personnes seules meurent-elles plus jeunes?»

La réponse de Keck School of Medicine de l’université de Californie du Sud, plus de 500 médecins qui vous aident à rester en forme et à faire ce que vous aimez:

Le constat que les personnes seules meurent plus jeunes que les autres est un fait scientifique qui démontre un lien entre le corps et l’esprit. Selon l’ancien chirurgien américain Vivek Murthy, la solitude est une épidémie qui menace la santé publique. Aux États-Unis, plus d’un tiers des adultes de plus de 45 ans qui ont répondu à une étude de l’AARP ont été classés dans la catégorie «isolé».

Étant donné l’état de déconnexion de notre monde, il n’est pas surprenant de voir que le taux de personnes considérées comme seules a augmenté au cours des dernières décennies. Notre société moderne repose moins sur des «villages», les personnes âgées vivant souvent seules alors que leur famille s’éloigne. Même si l’influence des réseaux sociaux est toujours discutée, certains experts notent que ceux-ci ne permettent pas de compenser la baisse des appels téléphoniques ni des visites en personne, en particulier pour les seniors.

Ce problème de santé mentale a des répercussions sur la santé physique. Une bibliographie de recherche bien connue a permis de montrer que la solitude, l’isolement et le fait de vivre seul·e étaient des facteurs de risque indépendants pour la mortalité précoce, avec une hausse du taux de mortalité allant de 26 à 32%. Certaines estimations indiquent que la solitude est un facteur de mortalité plus important que l’obésité, comparable au tabagisme.

Certains indices montrent que la solitude augmente le risque d’infarctus, de la maladie d’Alzheimer, la pression sanguine et le diabète. Mais comment? La recherche émerge, mais plusieurs théories ont été envisagées.

Notre réaction biologique à la solitude

Des recherches démontrent que la réponse physiologique de notre corps à la solitude est basée sur l’évolution. Les êtres humains sont tout simplement faits pour vivre en groupe.

Dans la Préhistoire, l’isolement pouvait être mortel. C’est pourquoi notre corps met en place la réaction de lutte ou de fuite, qui conduit à la hausse de la pression sanguine, au sectionnement du sommeil, à la libération des hormones de stress et à l’inflammation. Sur une longue période, cet état entraîne une hausse du risque cardiovasculaire et favorise l’apparition d’autres maladies.

Les soucis logistiques

Quand les personnes âgées vivent seules, elles sont plus exposées au risque de blessure à un moment où personne n’est là pour les aider. De plus, n’ayant pas en permanence quelqu’un pour surveiller leur état de santé, elles peuvent passer à côté de symptômes qu’il faudrait pourtant faire vérifier par un médecin.

Par ailleurs, les seniors vivant seul·es sont moins à même de prendre soin de leur personne, leur hygiène et leur alimentation se détériorent, ce qui favorise les maladies. Ils peuvent aussi oublier de prendre leurs médicaments, n’ont personne pour les emmener à leurs rendez-vous médicaux, ou même faire des courses.

Le manque de socialisation

Au niveau le plus élémentaire, il apparaît que les êtres humains ont besoin d’interactions sociales, qui les font se sentir bien. Ces sensations positives réduisent le stress, un facteur de risque pour de nombreuses maladies.

Des recherches ont montré que les personnes mariées vivaient plus longtemps (sous réserve que le mariage soit heureux) et ont même plus de chances de survivre à un cancer. Les ami·e·s jouent également un grand rôle en donnant du sens à notre vie, ce qui a un impact positif sur la santé physique.

Pistes et solutions

Ce que vous pouvez faire pour lutter contre la solitude:

- Faire du bénévolat. Des études montrent que les personnes qui font du volontariat pour des raisons altruistes ou pour créer des liens vivent plus longtemps que celles qui n’en font pas. «J’aime encourager mes patients et patients les plus âgés à s’impliquer localement et, plus spécifiquement, à faire du volontariat», explique Jennifer Rose Boozer, ostéopathe, professeure adjointe en médecine familiale à la Keck School of Medicine de l’université de Californie du Sud et praticienne en médecine familiale sur les sites de Glendale and Pasadena de la Keck School of Medicine de l’université de Californie du Sud. «C’est bon à la fois pour celles et ceux qui reçoivent un soutien et pour les personnes qui aident, puisque cela leur permet de rester actives, lutte contre la dépression, contribue à créer un réseau et favorise une vie plus longue et plus heureuse.»

- Envisagez d’aller dans une communauté pour seniors. Ces communautés, bien différentes des maisons de retraite, permettent de vivre à plusieurs ce qui comporte de nombreux avantages. Elles peuvent aider les personnes âgées à redécouvrir leur «village», à faire des rencontres et à participer à des activités.

- Intégrez des groupes en fonction de vos centres d’intérêt. Vous avez de grandes chances de rencontrer des gens qui vous ressemblent dans un groupe de jardinage, dans un club de lecture ou dans un groupe religieux.

- Aidez vos voisines et voisins. Vous pouvez contribuer à lutter contre la solitude chez les autres en passant un peu de temps avec les personnes de votre quartier qui vivent seules. Apportez un petit quelque chose à manger et passez une heure à discuter… vous leur sauverez peut-être la vie.

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