Monde / Économie

Mais comment font les compagnies aériennes pour perdre encore nos bagages?

Temps de lecture : 2 min

Un anachronisme technologique, une aberration logistique, une frustration systématique.

En vigueur depuis 1989 la petite étiquette scannée est le seul dispositif (plus ou moins) standardisé du transport mondial des bagages. | Bonnie Henderson / Pixabay
En vigueur depuis 1989 la petite étiquette scannée est le seul dispositif (plus ou moins) standardisé du transport mondial des bagages. | Bonnie Henderson / Pixabay

C'est une injustice majeure que même les plus privilégié·es ont connue. Derrière notre petit chariot désespérément vide, la tête appuyée sur nos mains et les yeux las, nous regardons défiler le tapis de bagages. Vide. Rien à faire, notre valise est perdue. Mais POURQUOI? Une intelligence artificielle va bientôt remplacer un chirurgien, Tesla envoyer ses voitures dans l'espace, les trottinettes électroniques définitivement prendre la place des piétons à Paris, alors pourquoi 25 millions de bagages sont-ils encore perdus chaque année?

Petit effet papillon pour grande frustration

Entre le moment où vous l'enregistrez et celui où vous le retrouvez, savez-vous ce que devient votre bagage? Il est porté, roulé, déplacé, retourné, changé de tapis, mis dans des bacs, empilé; on dirait l'usine des portes dans Monstres et Compagnie. Mais tout automatisé qu'il est, le mécanisme de transport des bagages n'est pourtant pas exempt de dysfonctionnements: une valise mal scannée, un déraillement sur le tapis, un·e manutentionnaire mal réveillé·e... Comme dans tout processus de chaîne, il suffit d'un grain de sable pour faire dérailler l'engrenage. Et la qualité de ce dernier dépend grandement des aéroports. Nous autres Européen·nes sommes à ce titre de mauvais élèves, avec 7,29 bagages perdus pour 1.000 passagè·res par an, contre 2,85 en Amérique du Nord et 1,77 en Asie, nous apprend la BBC. Le scan des codes barres, en particulier, est loin d'être systématique: tout récemment Zebra, un fournisseur technique, s'est enfin décidé à remplacer le papier et le crayon de quatorze aéroports grecs par des scanners mobiles.

À ces possibles dysfonctionnements s'ajoutent les retards des correspondances pendant les transferts entre aéroports, responsables de près de la moitié des pertes de bagages selon Sita, spécialiste mondial du transport aérien. Enfin, la proportion des personnes qui se trompent de bagage et emportent le mauvais (le vôtre bien sûr) n'est pas négligeable. À méditer avant de faire le choix d'une énième valise noire.

Des dispositifs dignes de l'âge de pierre

En vigueur depuis 1989, utilisée depuis les années 1950, la petite étiquette scannée est le seul dispositif (plus ou moins) standardisé du transport mondial des bagages. Quand on sait toute la technologie mise au service du contrôle aérien, il semble aberrant de constater que les aéroports se cantonnent à un service de supermarché. Mais le changement est proche.

Déjà, certaines compagnies ont mis en place leurs propres dispositifs de localisation: l'américaine Delta, par exemple, a remplacé le code barre habituel par un système de radio fréquence identification (RFID), qui permet de reconnaître à distance un bagage, même en mouvement. L'association internationale du transport aérien (AITA) compte standardiser cette mesure, en plus du renforcement des contrôles à différents points du transport (embarquement, correspondances, etc.)

Dans une moindre mesure, de nombreuses compagnies ont adopté des applications mobiles qui préviennent les personnes qui l'utilisent de l'avancement de leur bagage; à défaut d'acheminer vos valises à bon port, vous serez au moins prévenu·e si elles ne le sont pas. «De la même manière qu'un client aime avoir des informations sur l'évolution de ses vols directement sur son téléphone, il est rassurant de savoir où en sont ses bagages», explique la compagnie Delta.

La SITA avance cependant des chiffres encourageants: le nombre de bagages perdus est passé de 50 millions en 2007 à 25 millions en 2018. Encore une moitié du chemin à parcourir pour mettre fin à la loterie des valises.

Slate.fr

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