Parents & enfants

Pour briller dans un domaine, explorez-en plein d'autres

Temps de lecture : 2 min

L'exemple de Roger Federer en est la parfaite illustration.

Concentration | Mindy Gerecke via Flickr CC License by
Concentration | Mindy Gerecke via Flickr CC License by

Le journaliste américain David Epstein vient de publier un essai intitulé Range: Why Generalists Triumph in a Specialized World, qui pourrait bien remettre en question certaines de nos certitudes: celles que nous avons pour nous-mêmes, et celles que certains parents projettent sur les enfants.

Il explique à The Atlantic que, contrairement à une impression tenace, être généraliste vaut bien mieux que de se spécialiser dans un seul domaine, que ce soit le temps de sa vie professionnelle ou pour toute l'existence. Pour David Epstein, si certaines personnes rencontrent le succès dans des domaines aussi variés que le sport, l'art ou la recherche scientifique, ce n'est pas malgré leur intérêt pour des tas de disciplines n'ayant pas forcément de lien, mais bel et bien grâce à cet éclectisme.

S'il n'est pas un spécialiste des questions liées à la parentalité, le journaliste a fini par réaliser que ce sujet (se spécialiser ou pas?) était totalement une problématique de parents. Selon lui, pour laisser les enfants apprendre à se découvrir et à savoir ce qui les passionne réellement, il convient de les laisser expérimenter autant de disciplines que possible, et de leur permettre de passer à la suivante s'ils découvrent que ce n'est pas leur truc.

L'exemple Federer

Range s'ouvre sur l'histoire du tennisman Roger Federer, qui a pratiqué de nombreux sports au cours de son enfance et de son adolescence. Ses parents ont simplement tenté de lui transmettre leur goût de l'effort physique et de la discipline sportive. Ils l'ont même mis régulièrement en garde sur le fait que prendre le sport trop au sérieux pouvait être néfaste. Quelques années plus tard, Federer a souvent expliqué que les nombreuses heures passées à jouer au basket, au handball, au tennis de table, ou à faire du skateboard, du ski ou de la lutte l'avaient aidé à développer des facultés de coordination et à devenir tout simplement plus athlétique.

Ce qui est vrai pour le sport l'est aussi pour les autres domaines: papillonner, expérimenter, se tromper parfois, c'est aussi progresser en termes de polyvalence et de capacités à s'adapter. Pour David Epstein, les parents doivent cesser de vouloir transformer leurs enfants en spécialistes précoces sous prétexte qu'ils ont peur de passer à côté du nouveau Mozart ou du prochain Tiger Woods. Ce genre de parti pris ne fonctionne que très rarement, et il n'est pas sain, donnant l'impression que ces jeunes prodiges ont été intégralement modelés par leurs parents, indépendamment de leur personnalité propre.

Le journaliste cite plusieurs études menées auprès de jeunes musicien·nes, et qui démontrent que s'obstiner à pratiquer toujours le même instrument menait bien moins souvent à la réussite que décider d'arrêter une pratique insatisfaisante pour en démarrer une autre. De quoi rappeler que les enfants ne sont pas des chevaux de course malléables à merci.

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