Médias / Culture

Dix bonnes raisons de regarder le documentaire sur «Game of Thrones»

Temps de lecture : 6 min

Des larmes, du maquillage, des larmes, une grande roue, des larmes, une broyeuse à scripts, et encore des larmes.

Le cascadeur qui joue le Night King aime chanter en slovaque pendant ses séances de maquillage. | Capture d'écran via YouTube
Le cascadeur qui joue le Night King aime chanter en slovaque pendant ses séances de maquillage. | Capture d'écran via YouTube

L'ultime saison de la série est terminée mais l'aventure ne s'arrête pas là. Lundi 27 mai, la chaîne OCS a diffusé Game of Thrones: The Last Watch, documentaire de deux heures qui dévoile les coulisses du tournage de la saison 8. Avant que notre garde ne se termine, on s'est dit que ce serait pas mal de faire un dernier débrief.

1. Le documentaire nous place vraiment du côté des anonymes du tournage, inconnus du grand public mais qui œuvrent au succès de la série depuis ses débuts

Un des aspects les plus réussis du documentaire est de ne pas se concentrer sur les stars du casting ou sur Weiss et Benioff, le duo de créateurs qu'on entend dans le making-off de chaque épisode, mais plutôt sur toutes les petites mains de la série. Qu'ils soient figurants, maquilleuses, producteurs, cascadeuses, ou même vendeurs de sandwichs, on découvre plein de personnalités attachantes qui ont bossé sans relâche sur cette dernière saison.

Plusieurs personnages nous ont particulièrement touchées, comme ce figurant qui joue un soldat Stark depuis de nombreuses saisons et investit autant de temps et de réflexion dans son personnage qu'un acteur dans un rôle principal. Passionné par Game of Thrones, il raconte à quel point sa participation à cet univers a changé sa vie et on le voit après la fin de la série, dans un épilogue un peu doux-amer, faire des visites guidées en car des anciens lieux de tournage.

On voit aussi l'impact qu'a pu avoir le rythme éreintant de la saison 8 sur les équipes de tournage, notamment à travers un couple de maquilleurs qui n'ont pas vu leur fille pendant plusieurs semaines –elle les rejoindra plus tard sur le tournage pour être figurante dans une scène.

Capture d'écran

2. On passe pas mal de temps avec le mec qui joue le Night King, qui est en fait un des cascadeurs de la série

Vladimír Furdík a trente-trois ans de métier et s'occupe aussi de chorégraphier des scènes de cascades de la série. Ce qu'il aime: jouer le Night King, chanter en slovaque pendant ses séances de maquillage et demander aux fans s'ils le reconnaissent. Ce qu'il n'aime pas: que ce soit Arya, une petite fille, qui tue le Night King (tous les mecs relous de Twitter ont trouvé leur nouveau porte-parole).

3. On voit tous les efforts mis en place pour préserver les secrets de la dernière saison

S'il y a bien un truc qui rend les gens fous ces derniers temps, c'est les spoilers. Quand il s'agit de la dernière saison de la série la plus regardée au monde, on peut comprendre que tout ait été mis en place pour éviter les fuites. Cette parano est évidente dans le documentaire, où l'on voit les équipes broyer les scripts (sur lesquels apparaissent des faux titres comme «The Faith of Angels») une fois qu'ils ont été lus.

Mais le summum, c'est lorsqu'on apprend que la série a fait revenir les acteurs qui jouaient les personnages de Jaqen et de la Gamine (aka la meuf qui avait poignardé Arya à Braavos) lors du tournage en Espagne, pour induire les fans en erreur.

4. Le documentaire donne un bon aperçu de l'emploi du temps chaotique de la dernière saison, et de l'impact que cela a sans doute eu sur la narration

À plusieurs reprises, les équipes avouent à demi-mot (et parfois de manière plus franche) leur frustration quant à l'ambition démentielle de cette dernière saison. Par exemple: «Pour chaque épisode, on doit faire tout ce qu'un film doit faire, mais on doit le faire plus rapidement et avec moins d'argent.»

Miguel Sapochnik, qui a réalisé l'épisode de bataille «La Longue nuit», a sans doute hérité d'une des tâches les plus difficiles de la saison. Dans le documentaire, interviewé alors qu'il rentre se coucher à 6 heures du matin, il n'a pas franchement l'air content de tourner cinquante-cinq nuits d'affilée. Dans une autre scène, on le voit raconter un de ses rêves d'angoisse à son collègue. Fun.

Capture d'écran

Deborah Riley, en charge des décors, dit carrément qu'ils ont «atteint leurs limites» et qu'il est temps que la série s'arrête «car il est impossible de faire plus», ajoutant que beaucoup de membres de l'équipe ont les nerfs à vif, y compris elle. On voit aussi le responsable de la neige (oui, oui, c'est un métier) s'énerver au téléphone et râler contre les changements d'emploi du temps. On n'a pas l'occasion d'assister au travail des scénaristes dans le documentaire, mais s'ils ont eu un rythme aussi stressant que le reste de l'équipe, on commence à comprendre pourquoi l'écriture de cette dernière saison nous a parfois parue bâclée.

5. Sophie Ellis-Bextor était figurante!

Oui, la meuf qui a chanté «Murder on the dancefloor» faisait partie des figurant·es de la dernière saison de Game of Thrones. Elle et son mari ont participé au tournage de l'épisode 3, «La Longue nuit» (mais leurs scènes ont été coupées). On la voit dans le documentaire alors qu'elle est en train de s'acheter un café, et même la vendeuse n'en revient pas.

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6. Les stars du casting étaient visiblement très émues par la fin de la série

Certain·es des comédien·nes ont passé dix ans de leur vie à travailler sur Game of Thrones, la série étant pour plusieurs leur premier vrai travail d'acteur ou d'actrice. Pas étonnant, donc, que leurs adieux à cet univers et aux équipes de tournage aient été particulièrement poignants. Emilia Clarke et Conleth Hill (Varys), et ils ne sont pas les seuls, sont visiblement très remués à l'approche de la fin.

Mais c'est Kit Harrington qui apparaît le plus bouleversé dans le documentaire. D'abord, lors de la lecture en groupe des scénarios. Les acteurs avaient le choix entre lire les scénarios à l'avance ou les découvrir lors de la lecture en groupe, Kit Harrington a choisi la deuxième option. C'est donc face à tout le reste du casting qu'il découvre le destin de Jon et Dany et peine à retenir son choc et ses larmes, alors qu'Emilia Clarke guette sa réaction.

Mais c'est surtout à la toute fin du documentaire, alors qu'il fait ses adieux aux équipes après avoir tourné sa dernière scène qu'on ressent toute l'émotion de l'acteur. Il est remercié par D.B. Weiss qui lui dit que «[sa] garde est terminée» et prononce un discours très émouvant sur ce que la série représente pour lui. On ne va pas vous mentir, on a versé une petite larme.

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7. On passe pas mal de temps avec le réalisateur David Nutter, qui est un peu foufou

David Nutter est un des réalisateurs les plus emblématiques de Game of Thrones: c'est lui qui a réalisé l'épisode des Noces Pourpres, ou encore celui de la marche de la honte de Cersei. Surnommé «le pingouin» pour sa démarche caractéristique, c'est un véritable personnage qu'on découvre dans le documentaire. Sur des feuilles au format lettre américain, il imprime les plans de chaque scène et fait des croquis à la main. Technophobe assumé, c'est aussi un des seuls à refuser à travailler avec des scripts numériques, contrairement au reste des équipes.

Capture d'écran

Comme il l'a raconté dans une longue interview à Vanity Fair, le réalisateur a eu de graves problèmes de santé qui l'ont empêché de travailler sur les saisons 6 et 7. C'est donc avec une grande émotion qu'il est revenu réaliser trois épisodes de la dernière saison, allant même jusqu'à dire que la série lui a «sauvé la vie». Dans le documentaire, des membres de l'équipe s'amusent d'ailleurs avec affection du fait qu'il remercie tout le monde d'être là.

On a aussi l'occasion de voir sa direction d'acteurs, l'élément de son travail qu'il préfère et pour lequel il est réputé. Juste avant que Sophie Turner ne tourne la scène où elle fait ses adieux au cadavre de Théon, on voit le réalisateur lui donner quelques directions qui ont un effet si dévastateur que l'actrice est toujours en larmes après la fin de la scène.

8. On voit des contretemps un peu comiques qui ont failli faire dérailler le tournage

Comme cette tempête de neige imprévue à Belfast, qui a laissé les 250 figurant·es et toute l'équipe de la série sans toilettes, parce que l'eau des cuvettes avait gelé. Ou la grande roue installée sans avertissement juste à côté du tournage super secret des scènes de Port-Réal.

Capture d'écran

9. On voit nos acteurs préférés dans des situations un peu absurdes

Et c'est très drôle.

Captures d'écran

10. Sans parler des figurants, qui nous offrent une mine de screenshots plus drôles les uns que les autres

Nous après avoir écrit tous nos récaps de Game of Thrones. | Captures d'écran

Nous quand on se demande ce qu'on va faire de notre vie maintenant qu'y a plus Game of Thrones. | Captures d'écran

Anaïs Bordages Journaliste

Marie Telling Journaliste

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