Sciences

Les mouches seraient capables de détecter les bons coups au lit

Temps de lecture : 2 min

Grâce à deux neurones dont elles ont l'exclusivité, les femelles drosophiles peuvent sentir si un accouplement doit se poursuivre ou s'il est temps d'y mettre un terme.

Une drosophile à la recherche du bonheur. | Free-Photos via Pixabay
Une drosophile à la recherche du bonheur. | Free-Photos via Pixabay

La science connaît depuis longtemps le piège à filles des drosophiles mâles: leur sperme contient une substance qui rend leurs partenaires temporairement indifférentes à leurs concurrents –le but étant, on s'en doute, que les œufs soient fécondés par leurs gamètes et non par ceux du voisin. Sauf qu'il semblerait que les femelles ne soient pas aussi chimiquement hypnotisées qu'elles en ont l'air.

Selon une étude dirigée par Ulrike Heberlein de l'Institut médical Howard Hughes, c'est aussi leurs propres sensations sexuelles et non seulement le sperme qui les pousse à apprécier ou à rejeter tel ou tel prétendant. De la sorte, les femelles pourraient savoir si elles doivent continuer à copuler ou si elles peuvent faire une pause.

Ce qu'ont découvert les scientifiques, c'est que si une mouche du vinaigre femelle s'envoie en l'air pendant un certain temps, deux neurones sexo-spécifiques (les mâles en sont dénués) s'activent pour faire passer le message «stop» de son abdomen à son minuscule cerveau.

Cet «effet copulation», comme l'a surnommé l'équipe de recherche, pourrait être particulièrement bienvenu dans la nature, où il n'est pas rare que les copulations soient interrompues pour un oui ou pour un non. Si la femelle est capable de détecter si elle s'est fait féconder, alors elle peut économiser son énergie sans que ses gènes en pâtissent.

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Goût de la gaudriole

Détail cocasse de l'histoire, cet effet a été découvert «un peu par accident», commente Ulrike Heberlein. Avec son équipe, elle était au départ partie à la chasse aux neurones impliqués dans le circuit de la récompense, avant de se rendre compte que certaines cellules des mouches femelles envoyaient des messages vraiment très puissants au cerveau lorsqu'elles étaient stimulées –et qu'un tel circuit n'existait pas chez les mâles.

D'où l'hypothèse d'un rôle aussi sexuel que sexo-spécifique. Pour la tester, les scientifiques ont fait s'accoupler des femelles avec des mâles incapables d'éjaculer. Au bout d'un moment, malgré l'absence de sperme et de ses substances maudites, les femelles ont quand même perdu le goût de la gaudriole.

Lorsque l'expérience a été réitérée en bloquant l'activité des neurones concernés, les femelles ont poursuivi leur petite affaire comme si de rien n'était.

Verdict: ces cellules semblent bien contrôler l'activité sexuelle de la mouche femelle, qu'elle ait ou non reçu les peptides spermatiques refroidissant ses ardeurs.

Les scientifiques ont enfin remarqué que le phénomène semble offrir davantage de latitude aux mouches femelles: alors que les peptides sexuelles des mâles mettent du temps à agir et leur coupent l'envie d'aller voir ailleurs pendant une bonne semaine, l'effet copulation apparaît et disparaît bien plus vite.

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