Sciences / Monde

Un conseiller de Trump a comparé la «diabolisation» du CO2 à celle des Juifs sous Hitler

Temps de lecture : 2 min

William Happer est un ardent climatosceptique à la tête d'un panel d'évaluation sur la science du climat.

Une centrale à charbon à Maidsville en Virginie-Occidentale, en août 2018. | Spencer Platt / AFP
Une centrale à charbon à Maidsville en Virginie-Occidentale, en août 2018. | Spencer Platt / AFP

Après avoir éliminé de nombreuses régulations environnementales mises en place sous Barack Obama, l'administration de Donald Trump continue son offensive climatosceptique.

Un des conseillers du président sur le climat, William Happer, est en train de créer un panel dont le but sera d'évaluer la science climatique. Alors qu'il y a un consensus des scientifiques sur les causes humaines du réchauffement climatique, l'administration Trump veut que différents «points de vue» soient pris en compte. Cet effort avait été initié par l'ancien ministre de l'environnement de Trump, Scott Pruitt, qui avait déclaré en 2017 que le dioxyde de carbone n'était pas un facteur primordial du réchauffement climatique (il a démissionné après divers scandales de corruption).

William Happer, un physicien de 79 ans sans formation en science du climat, va encore plus loin que Pruitt. En 2013, il avait coécrit un éditorial intitulé «Défense du dioxyde de carbone» et dans une étrange interview télévisée en 2014, il avait déclaré: «La diabolisation du dioxyde de carbone est comme la diabolisation des pauvres Juifs sous Hitler.»

Une image faussée de la situation

En 2017, une lectrice du site Jezebel avait échangé plusieurs mails avec Happer, dans lesquels il avait écrit: «La diabolisation du CO2 ressemble beaucoup à la persécution des Juifs par les nazis, à l'extermination des ennemis de classe par les soviétiques et au massacre des infidèles par l'État islamique.»

En plus des initiatives de Happer au gouvernement, le nouveau directeur de l'agence de recherche scientifique sur l'environnement, James Reilly, a modifié la façon dont certaines données seront présentées. Au lieu d'utiliser des modèles climatiques qui prédisent les impacts du réchauffement jusqu'à la fin du siècle, comme c'était jusqu'ici le cas, les recherches seront limitées à 2040. Comme l'explique le New York Times, cela donne une image faussée de la situation car les scientifiques s'accordent à dire que les plus gros effets des émissions actuelles ne seront ressentis qu'après 2040.

L'administration va aussi s'en prendre à un rapport d'évaluation sur le climat (le National Climate Assessment) qui est produit environ tous les quatre ans. Les scientifiques des agences avaient jusqu'ici utilisé des modèles qui montrent que si les émissions de gaz à effet de serre continuent de la même façon, l'atmosphère pourrait se réchauffer de quatre degrés à la fin du siècle. Les recherches pour le prochain rapport sont en cours mais désormais, les scientifiques n'inclueront pas ces projections jugées trop alarmistes par le gouvernement.

Slate.fr

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