La polémique Dumas vue des Etats-Unis
Le site The Root revient sur le choix de Gérard Depardieu pour interpréter l'écrivain quarteron.
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L'auteur du Comte de Monte-Cristo et des Trois Mousquetaires, petit-fils d'une esclave haïtienne affranchie et d'un noble français, représenté sous les traits d'un homme blanc? Oui: c'est Gérard Depardieu, acteur occupé s'il en est, qui incarne Alexandre Dumas dans le film L'Autre Dumas [de Safy Nebbou].
Blond aux yeux bleus, l'acteur a assombri sa peau et porté une perruque de cheveux frisés pour l'occasion, attisant un peu plus en France le débat sur l'identité nationale. Pour sa part, Depardieu a qualifié la controverse de «ridicule» et «déplacée».
De son côté, le Conseil représentatif des associations noires de France [le CRAN] fait valoir que le cinéma français ne propose jamais à des acteurs noirs de jouer des rôles de blancs. «C'est choquant et insultant,» regrette Patrick Lozès, président du CRAN, dans les colonnes du Daily Mail londonien. «Cela revient à dire qu'aucun acteur français noir n'est assez talentueux pour interpréter Alexandre Dumas, ce qui bien sûr, est faux. Peut-on imaginer, dans 150 ans, un blanc coiffé d'une perruque crépue jouer le rôle de Barack Obama? Peut-on imaginer Martin Luther King joué par un blanc?»
Dumas, auteur et dramaturge disparu en 1870, est l'une des rares grandes figures de couleur de la culture française, bien qu'aujourd'hui, nombreux soient ceux qui ignorent son héritage noir. «La discrimination se perpétue par le silence», note ainsi Jacques Martial, acteur noir qui s'est fait un nom en jouant dans la série télévisée Navarro [dans le rôle de l'inspecteur Bain-Marie].
Autre sujet de polémique: l'angle adopté par le film, qui adopte la théorie selon laquelle le collaborateur blanc et anonyme de Dumas, Auguste Maquet, aurait créé les intrigues et les versions premières de la plupart des plus grandes œuvres de Dumas. «Peut-être est-ce à des fins commerciales, mais le personnage de Dumas est blanchi pour mieux être noirci,» remarque le CRAN. Non sans ironie, ces auxiliaires littéraires de l'ombre sont, en français, appelés des nègres.
Dumas, qui dut endurer nombre de railleries à cause de sa couleur de peau, aurait laissé une réplique célèbre en répondant à l'un de ses détracteurs : "Mon père était un mulâtre, mon grand-père, un nègre et mon arrière-grand-père, un singe. Vous voyez, monsieur, ma famille commence là où la vôtre finit."
Le monde intellectuel français a longtemps entretenu une certaine ambigüité envers cet auteur. Durant des décennies, on lui reprocha de n'être qu'un romancier bas de gamme bon à divertir les masses mais sans grande valeur littéraire. Ce n'est qu'en 2002 que sa dépouille fut transférée au Panthéon, lieu de repos des grands hommes français. Dumas fils, également écrivain et dramaturge prolifique (La Dame aux camélias) fut membre de l'Académie française, un honneur qui ne fut jamais accordé à son père.
Joel Dreyfuss
Traduit par Chloé Leleu
Image de Une: Gérard Depardieu au festival de Berlin, février 2010, REUTERS/Christian Charisius
Mis à jour le 25/02/2010 à 13h10













































Il faut tout ignorer de l'industrie cinématographique pour ne pas savoir que si on avait choisi l'inspecteur Bain-Marie pour jouer le rôle de Dumas le film n'aurait sans doute pas pu exister.
Cette polémique du CRAN est d'autant plus mal venue qu'à l'opéra il y a toujours eu de nombreux rôles de femmes blanches tenus par des cantatrices noires.
Quand Léontyne Price chantait Dona Anna ou Fiordiligi, quand Christiane Eda-Pierre chantait Rosine, Lucia, Gilda ou Violetta, cela n'a jamais suscité aucune polémique que je sache, de même que lorsque Placido Domingo chantait Othello.
Puisqu'on vous dit qu'il faut exister! Un peu de tolérance! Pour réparer l'outrage, il paraît que Denzel Washington est sur le coup... Bon, bien sûr, la langue sera très secondaire mais enfin, nous aurons échappé à une insupportable discrimination... Un temps, Pascal Légitimus avait été pressenti mais la direction avait du coup ramené le projet au circuit des MJC et du coup le fond Dumas l'avait mal pris... Bref, pardonnez-moi ce délire rapide, j'essaie de me mettre au diapason de cette lamentable polémique!
Le CRAN comme d’autres associations, cherche à exister au travers de petites polémiques ridicules.
Mais pour rester dans le registre du ridicule et puisqu’il joue de la discrimination, on pourrait évoquer que Conseil représentatif des associations noires est lui-même discriminant en ne représentant uniquement les associations noires.
S’agissant de discrimination, pourquoi ne serait-il pas représentatif de n’importe quelle association ?
Evidement cela nécessiterait de changer la dénomination (CRA) en supprimant le qualificatif distinctif « noires ».
En faisant un petit tour par Wikipédia on peut lire : [Le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) est une fédération d'associations françaises. Elle a notamment pour objet d'établir un bilan chiffré des discriminations en France et de « rétablir une égalité réelle et non théorique » entre les citoyens français.]
Il y a pourtant là, un paradoxe discriminatoire entre la dénomination du CRAN et le but énoncé, l’un étant catégoriel et l’autre général.
Je fais partie de ceux qui ne savaient pas qu'Alexandre Dumas était métis. Ou peut-être l'avais-je appris mais pas retenu car ça ne me semblait pas important.
Et je me pose la question: Finalement ce qui est important c'est qu'Alexandre Dumas soit un auteur du partimoine français. Ais-je besoin de savoir qu'il etait métis? De même que je ne sais pas si il était grand ou maigre par exemple.
Finalement, laquelle de ces 2 propositions serait la plus discriminante pour le CRAN:
- Alexandre Dumas est l'auteur des 3 mousquetaires
- Alexandre Dumas, qui était métis, est l'auteur des 3 mousquetaires.
Le débat reste ouvert.
Pour ce qui est du choix de Depardieu, il faut bien que l'industrie du cinéma fasse son business.
En France, pour faire du cinéma, il faut au moins être le petit fils d'un député, c'est le cas de Pascal Légitimus. Ou se marier avec la fille du président de la RATP, comme c'est le cas du gros Gégé Depardieu. Pour être acteur, Noir ou Blanc, c'est d'abord une question de groupe social et surtout d'être né dedans, c'est à dire que papa, maman et tonton soient la pour vous aider.
Je vois déjà ceux que vont me trouver les deux ou trois malheureuses exceptions pour me dire que Machin lui il est né dans le neuf trois et qu'en plus il est pas bien blanc.... m'enfin, la règle, dans le cinoche, c'est blanc et fils de riches.
Le problème c'est pas que Depardieu ait le rôle d'un métisse, même avec une perruque crépue et du fond de teint façon Black Minstrel. Après tout, on a bien Tcheky Karyo boxeur, alors Gégé en quarteron, pourquoi pas... Non, le problème c'est que les métiers du cinéma soient réservés à une toute petite élite complétement consanguine... et blanche. Le dernier festival de Cannes illustre bien ce que je veux dire: Audiard / Gainsbourg, zyva le népotisme... Le système de financement du CNC lui même engendre ce problème avec son système de cooptation. Notre cinéma, si il s'est développé en quantité, en a perdu en qualité : nos films ressemblent de plus en plus à des télé films chers. Le scénario: il est architecte et à cinquante ans, elle a vingt ans, est serveuse au McDo et elle tombe folle amoureuse de son gros bide et de sa Saab 900 turbo... il se pose des questions sur son couple, mais ils s'aiment envers et contre tous. Grotesque!
Pour un Annaux ou un Jeunet, il y a quarante daubes intello bourgeoises et quarante nunucheries avec Khad et Olivier (enfin moins Olivier récemment, on va pas se plaindre).
Alors, bien que je soit conscient des inconvénients, je crois à l'affirmative action et à la discrimination positive. A une situation injuste, il n'y a, malheureusement, que des mesures injustes qui peuvent remettre les pendules un peu à l'heure. C'est ça ou de plus en plus d'émeutes de banlieue.
Rappelons quand même, que la relative aisance économique de notre nation a été bâtie, en grande partie:
* Sur la souffrance de 1,5 million d'esclaves aux Antilles (c'est trois fois plus qu'aux Etats Unis, mais deux et demi fois moins que le Portugal avec le Brésil).
* Sur la colonisation à des fins économiques d'une bonne partie de l'Afrique et de l'Asie du Sud Est. Sans oublier les guerres de décolonisations qui sont peut être pire la colonisation elle même.
* Qu'un tiers des hommes Algériens sont morts dans leur lutte contre la France entre notre arrivée et la décolonisation.
* Sur l'immigration et le travail dans des conditions lamentables de plusieurs millions de jeunes hommes et femmes ( la force vive de leur pays) pendant les trente glorieuses.
* Sur le travail de millions d'ouvriers tout ce qu'il y a de plus Gaulois et qui aujourd'hui ne servent plus à rien car l'économie à évolué sans eux...
La liste peut continuer longtemps comme ça.....
Alors, oui, nous sommes endettés envers les descendants de ces populations que nous entassons dans des piles de bétons aux alentours de nos belles cités Hausmanniennes. Nous devons leur faire une place dans notre société, avec un chausse pied si il le faut. On ne fait d'omelette sans casser d'œufs, il y aura des perdants chez ceux qui aujourd'hui se goinfrent d'opportunités juteuses.
Préparez le goudron et les plumes...
!?!?!?!?!
Alexandre Dumas est un Quarteron !!!
QUARTERON !
Soit d'apres le dico, une TROIS QUART BLANC et seulement UN quart NOIR ....
le METIS est un moitie blanc-moitié noir ...
MOI MEME etant quarteron , je passe beaucoup plus pour un magrehbin que pour un pur blanc ou un pur noir ...
j'ai vu des photos du film, la peau est "presque" similaire a la mienne, on voit bien que c'est produit chimique + U.V. ( artificiel ) pour les cheveux, j'en sais rien, photos trop mauvaise qualité ( pixelisé )
Mais bon, ce serait bizarre ( voir stupide ) de faire jouer Alexandre duma par un noir etant donné qu'il etait plus blanc que noir ( 3/4 blanc + 1/4 noir ) je propose pour cela un nord africain ... pour tout vous dire je ressemble a Khadafhi ( pour mon plus grand malheur )
J'ai lu un très bon commentaire d'un Quarteron qui fait remarquer que, comme lui, Dumas n'était qu'un quart Africain et qu'à son avis il n'y a pas un gros problème à faire jouer ce rôle à un blanc. Il faisait néanmoins remarquer que, dans son cas, il ressemble plus à Kadaffi qu'a un Noir sub-saharien et qu'il était victime du racisme anti-maghrébin.
Ce commentaire à disparu???? L'a t-il lui même retiré? Bizarre autant qu'étrange...
A propos de "Lautre Dumas" film de Saffy Nebbou, a propos du choix du réalisateur d'installer Gérard Depardieu dans le rôle d'Alexandre Dumas...
Le débat à pris de nombreuses formes. Je l'avoue, je n'ai pas vu le film, cependant au delà du choix "incompréhensible et grotesque" " affublé d'une perruque bouclée et d'une épaisse couche de fond de teint" (dixit le Monde.fr du 26.02.10) et de toute la polémique qui l'entoure, qui donc s'est simplement soucié de porter la réflexion sur le champ de la démocratie ?
Nous le savons tous, en démocratie, nous possédons heureusement une grande liberté de choix dans la manière de traiter nos sujets, ce, tant au cinéma que dans tout autre domaine, et nous ne pouvons bien sûr que nous en féliciter. Cependant cette liberté dont nous jouissons est aussi assortie de devoirs.
Selon le traitement que l’on veut bien donner aux sujets que nous abordons, dans le monde d’aujourd’hui, le cinéma, la télévision, les journaux... peuvent s’avérer être d’extraordinaires instruments culturels, ou bien ils peuvent aussi s’avérer être de formidables machines à désinformer, à déformer l’information, l’histoire, la réalité tout simplement.
Pour focaliser la discussion sur le cinéma, puisque de cinéma il est aujourd’hui question, la forme retenue dans le traitement de tout sujet est bien entendu soumise (en général) au libre choix du réalisateur (fiction, comédie, documentaire, etc, etc).
Par contre, en ce qui concerne le spectateur ou téléspectateur, il ne faut jamais oublier que le traitement du sujet lui est imposé. Il faut aussi ajouter que le spectateur reste bien sur libre de faire la part des choses. Il faut aussi se rendre à l'évidence que les spectateurs ne sont souvent pas experts concernant les sujets traités et qu'ils ne font que rarement cette fameuse part des choses, par manque de connaissance, de temps...).
Eh bien il me semble donc que, c'est justement parce que nous avons l'immense privilège de vivre en démocratie, que nous avons le devoir d'informer au plus juste, au plus vrai.
Ce film, "L'autre Dumas" n’est pour l’instant pas un grand succès (123 000 spectateurs entre le 10 février, jour de sortie du film, et le 23 février). Il sera pourtant, au bout du compte, tout de même vu par des centaines de milliers, voir des millions de spectateurs et téléspectateurs.
Finalement, il aura une influence non négligeable sur, comme le disait Pierre Bourdieu « la formation des cerveaux d’une partie très importante de la population ».
Il me semble bien que le metteur en scène Safy Nebbou, dans son choix « incompréhensible et grotesque » d’installer Depardieu dans le rôle d’Alexandre Dumas « affublé d'une perruque bouclée et d'une épaisse couche de fond de teint » à bien pris la responsabilité (comme le dit si bien l’article du Monde), de « gommer de la vie d'Alexandre Dumas toute référence à sa couleur de peau et aux souffrances qu'il a endurées face au racisme de ses contemporains ».
Le problème est donc, selon moi que Saffy Nebbou s’octroie le droit de travestir la réalité aux yeux du public. Il ne peut pourtant ignorer, nous ne pouvons ignorer que dans l’imaginaire collectif son film représentera, pour beaucoup d’entre nous la réalité de l’histoire d’Alexandre Dumas.
C’est grâce à des articles comme celui du Monde, grâce a la plupart de nos historiens et professeurs d’histoire que nous avons une chance de voir la vérité rétablie et le public informé de manière plus objective.
Merci au Monde.fr pour son article du 26 Février 2010, merci à tous ceux qui se chargent d’établir ou de rétablir les faits en s’approchant au plus près de la réalité.
Philippe Voss.
6 février 2010.