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La Russie s'est bien immiscée dans les dernières élections européennes

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs ont analysé l'activité de comptes Twitter associés au Kremlin.

Les recherches indiquent que des menaces pèsent sur les élections européennes de 2019. | Con Karampelas via Unsplash
Les recherches indiquent que des menaces pèsent sur les élections européennes de 2019. | Con Karampelas via Unsplash

Si de nombreux doutes subsistaient, l'intervention russe dans l'élection du Parlement européen en 2014 se confirme. Selon un rapport publié par l'Université de Cardiff, Moscou a bel et bien utilisé les réseaux sociaux pour cibler et intervenir dans l'élection de l'hémicycle de Strasbourg il y a cinq ans.

À l'origine de ces révélations, deux scientifiques britanniques, Andrew Dawson et Martin Innes, qui ont traqué une série de comptes Twitter identifiés comme étant liés à une agence du Kremlin. Connue sous le nom d'Internet Research Agency (IRA), cette cellule est considérée comme une organisation russe de propagande qui agit sur le web, d'après une enquête du New York Times Magazine parue en 2015.

Repérés en Grèce

Les deux universitaires gallois ont notamment indiqué que l'un des comptes Twitter de l'agence a montré un intérêt particulier pour le processus électoral européen en Grèce. Preuves à l'appui, des messages envoyés par le responsable du compte comprenaient des photos d'urnes dans des bureaux de vote ainsi que des images de bulletins dans le pays. Ces images étaient accompagnées de commentaires moquant l'absence de sécurité sur le lieu de vote, laissant supposer que la fraude était possible.

Une pratique qui s'apparente à une méthode d'interférence électorale, en identifiant les potentielles failles sécuritaires du scrutin. Une fois les informations recueillies, elles peuvent être utilisées de manière malveillante pour relayer des rumeurs de fraudes et déligitimer les élections et ses résultats, indique le rapport.

«Ces recherches démontrent clairement un vif intérêt des Russes pour la politique européenne»

Martin Innes, directeur de l'institut de recherche en criminalité et sécurité à l'Université de Cardiff

Le document précise en outre que ces mêmes comptes affichaient des messages dans différentes langues européennes, dont le français, l'allemand, l'italien ou encore l'estonien, dans le but de manipuler l'opinion publique dans plusieurs pays de l'UE en vue de l'échéance électorale.

«Ces recherches démontrent clairement un vif intérêt des Russes pour la politique européenne à partir de comptes de réseaux sociaux gérés secrètement pour le compte du Kremlin», note Martin Innes, directeur de l'institut de recherche en criminalité et sécurité à l'Université de Cardiff.

Cette ferme à trolls, basée à Saint-Pétersbourg, n'en serait pas à son coup d'essai. Elle a notamment été accusée d'avoir utilisé de faux comptes Twitter et Facebook en faveur de Donald Trump lors de l'élection présidentielle américaine en 2016.

À l'approche des élections européennes, ces perturbateurs russes pourraient menacer à nouveau l'intégrité du processus démocratique, à en croire les chercheurs.

Slate.fr

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