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Au Japon, une application pour dénoncer les frotteurs du métro cartonne

Temps de lecture : 2 min

Téléchargée plus de 200.000 fois, Digi Police devrait permettre de lutter contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun.

En 2005, des wagons exclusivement réservés aux femmes ont été mis en service sur plus de quatre-vingts lignes du métro tokyoïte. | diGital Sennin via Unsplash

 
En 2005, des wagons exclusivement réservés aux femmes ont été mis en service sur plus de quatre-vingts lignes du métro tokyoïte. | diGital Sennin via Unsplash  

Au Japon, le harcèlement sexuel dans les transports en commun, en particulier le métro, est massif. Selon Associated Press, en 2017, la police métropolitaine de Tokyo a enregistré près de 1.750 cas d'attouchements dans les trains de la capitale. Un chiffre qui ne serait que «la pointe de l'iceberg», selon Keiko Toyamine, fonctionnaire de police interrogée par le Guardian.

Le phénomène est tel qu'en 2005, des wagons exclusivement réservés aux femmes ont été mis en service sur plus de quatre-vingts lignes. Malgré cette mesure, le harcèlement continue. Mais pour y faire face, les Tokyoïtes disposent désormais d'une arme redoutable.

L'application Digi Police permet aux victimes d'attouchements d'activer une voix criant «Arrêtez!» à un volume suffisamment fort pour dissuader l'agresseur. Elle offre également la possibilité d'afficher le message «Il y a un frotteur, s'il vous plaît aidez-moi» sur son téléphone, pour pouvoir le montrer aux personnes autour de soi.

Plus de 200.000 téléchargements

Digi Police a été téléchargée plus de 237.000 fois depuis son lancement il y a trois ans. Un chiffre «exceptionnellement élevé» pour une application de service public, selon la police. «Le nombre de téléchargements augmente d'environ 10.000 par mois», affirme Keiko Toyamine, qui explique que les victimes hésitent souvent à appeler à l'aide, mais que le message SOS de l'application leur permet d'alerter les autres passager·ères tout en restant silencieuses.

Les agresseurs risquent jusqu'à six mois de prison ou des amendes pouvant atteindre 500.000 yens (environ 4.550 euros). La peine potentielle passe à dix ans s'il y a violence ou menaces. Mais dans les trains bondés aux heures de pointe, l'identification du coupable peut être difficile.

Digi Police avait à l'origine été développée par la police tokyoïte dans le but d'avertir les personnes âgées vulnérables des escroqueries financières. Mais en 2018, l'agression d'une pop star féminine, Maho Yamaguchi, par deux fans masculins, a ouvert le débat sur le harcèlement et les agressions sexuelles au Japon. Face à l'afflux de témoignages, l'équipe en charge de la conception de l'application a donc ajouté la fonction d'alerte aux agresseurs sexuels pour offrir aux victimes un moyen de défense et de protection.

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