Boire & manger / Sciences

Peut-on apprendre à moins aimer le sucre?

Temps de lecture : 2 min

Des scientifiques entendent remodeler par un jeu vidéo des processus cérébraux qui nous font aujourd'hui plus de mal que de bien.

Trop de sucre tue la santé. | 955169 via Pixabay
Trop de sucre tue la santé. | 955169 via Pixabay

C'est un consensus désormais bien établi: une consommation excessive de sucres est généralement nocive pour la santé. Le problème, c'est que notre cerveau a été programmé par l'évolution pour nous faire adorer les aliments sucrés car riches en calories. Nos ancêtres avaient tout intérêt à se jeter dessus dans des environnements où ces produits se faisaient rares et où leur survie n'avait rien de garanti.

Là où le bât aujourd'hui blesse, c'est qu'il n'y a plus qu'à tendre la main (ou presque) pour se sustenter. Si plus personne ne souffre et encore moins meurt de faim dans les pays développés, la morbidité et la mortalité liées à la malbouffe et aux excès alimentaires, elles, ne cessent d'augmenter. En d'autres termes, nos environnements ont beau avoir énormément changé, nos cerveaux, eux, sont restés peu ou prou dans les savanes du Pléistocène.

Est-il possible de les mettre à jour? C'est ce que pensent des chercheuses et des étudiantes en psychologie et en développement de médias numériques affiliées aux universités de Drexel (Philadelphie, États-Unis) et de Maastricht (Pays-Bas). Dans une étude publiée dans le Journal of Behavioral Medicine, les scientifiques montrent qu'un jeu vidéo pourrait nous apprendre à moins manger de sucre et, dès lors, à être en meilleure santé. Plus précisément, leurs expériences ciblent les processus cérébraux grâce auxquels nous contrôlons nos impulsions. Une piste des plus intéressantes pour nous aider à dompter des instincts aujourd'hui obsolètes.

Gamification des courses

Dans l'essai randomisé, 109 individus en surpoids et friands de sucreries participaient tout d'abord à un atelier conçu pour les aider à comprendre la nocivité d'un excès de glucides sur la santé, détecter les aliments à éviter et les bonnes méthodes pour y parvenir. Ensuite, ils devaient jouer à un jeu baptisé «Diet DASH» qui personnalisait automatiquement leur entraînement en fonction des friandises qu'ils avaient tendance à manger et dont la difficulté était progressivement ajustée à leur résistance à la tentation. Les participant·es jouaient quelques minutes sur un ordinateur tous les jours pendant six semaines, avant de passer à un rythme hebdomadaire pendant encore deux semaines.

Le jeu était relativement simple: les individus devaient se déplacer le plus rapidement possible dans les rayons d'un supermarché et placer les aliments sains dans leur panier, tout en s'abstenant de choisir les mauvais. À chaque fois qu'ils faisaient le bon choix, ils gagnaient des points.

Résultat: pour plus de la moitié des volontaires, le jeu leur a permis de perdre jusqu'à 3,1% de leur poids en huit semaines. En outre, les sujets ont indiqué qu'ils trouvaient ces exercices quotidiens «satisfaisants», qu'ils en avaient fait une habitude et qu'ils étaient prêts à suivre d'autres formations pour apprendre à mieux manger.

Dans l'étude, les participant·es étaient en outre réparti·es de façon aléatoire entre deux versions du jeu –une étant plus gamifiée que l'autre, avec de meilleurs graphismes et sons. Globalement, les chercheuses observent que le niveau de gamification n'a pas d'incidence sur la diminution de la consommation de sucre ni sur la perte de poids, mais que les hommes y réagissent mieux. Une piste qu'elles envisagent désormais de creuser en concevant un jeu spécialement conçu pour les hommes en surpoids.

Slate.fr

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