Sciences / Économie

De plus en plus de personnes refusent de prendre l'avion pour protéger la planète

Temps de lecture : 2 min

Le mouvement, né en Suède, gagne petit à petit le reste des pays européens.

D'après les prévisions des scientifiques, d'ici 2050, l'aviation devrait représenter 16% des émissions mondiales de carbone. | Deniz Altindas via Unsplash

 
D'après les prévisions des scientifiques, d'ici 2050, l'aviation devrait représenter 16% des émissions mondiales de carbone. | Deniz Altindas via Unsplash  

L'aviation est aujourd'hui responsable de 2% des émissions mondiales de carbone. D'après les prévisions des scientifiques, nous devrions atteindre les 16% d'ici 2050. Pour limiter leur empreinte carbone, de plus en plus de personnes décident donc de réduire au maximum leur nombre de vols, voire d'abandonner totalement le transport aérien.

Pour ces réfractaires à l'avion, l'argument écologique prévaut sur le coût du voyage, un billet de train ou des pleins d'essence répétés revenant souvent plus cher qu'un billet d'avion. Ces modes de transport sont aussi plus longs.

Greta Thunberg, militante écologiste, est l'une d'entre elles: elle n'a pas pris l'avion depuis 2015. En janvier 2019, alors que les personnalités les plus riches et les plus puissantes de la planète rejoignent le Forum économique mondial de Davos en jets privés –on comptabilise environ 1.500 vols individuels– elle s'embarque pour un voyage de trente-deux heures en train pour gagner la Suisse.

Au Royaume-Uni, Siân Berry, co-leader du Parti vert, qui n'a pas pris l'avion depuis 2005, a récemment appelé les gens à ne pas prendre plus d'un vol par an et a suggéré qu'une taxe soit imposée sur les futurs voyages. En France, le syndicat professionnel des Entreprises de voyage (EdV), représentant 90% du secteur du tourisme, vient de dévoiler une proposition d'éco-contribution sur les billets d'avion de tous les vols atterrissant dans le pays.

«La honte du vol»

En Suède, Maja Rosén, qui ne voyage plus en avion depuis 2008, est co-instigatrice de la campagne, Flight-free 2019, puis Flight-free 2020, pour encourager le boycott du transport aérien. «Avant, les gens voyaient l'avion comme une expérience, ce n'était pas de l'ordre de la consommation. Mais je pense que maintenant, ils commencent à réaliser qu'en prenant l'avion, ils sont de gros consommateurs de carburant fossile», expose-t-elle.

Fin 2018, 15.000 personnes avaient signé sa pétition. D'ici la fin de l'année, elle pense atteindre les 100.000 signatures. En Suède, où le mouvement a émergé, un nouveau terme est même apparu: flygskam, qui signifie «honte du vol». Au Royaume-Uni, plus de 1.000 personnes se sont engagées à passer au moins une année sans voler.

«Les gens ne se rendent pas compte que ce qu'ils font en tant qu'individus est très important parce que cela affecte ceux qui les entourent, explique Maja Rosén. Si vous continuez à voler, tous vos amis le feront aussi. Vous contribuez à la norme. Mais si vous décidez d'arrêter de prendre l'avion, au moins pendant un an, cela fait réfléchir les autres. Le changement peut se produire rapidement dès qu'un nombre suffisant de personnes commencent à agir.»

Slate.fr

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