Société

La politesse vous permet d'être crédible

Temps de lecture : 2 min

Même si vous racontez n'importe quoi.

Les réponses écrites poliment sont perçues comme étant de meilleure qualité. | Ömürden Cengiz via Unsplash
Les réponses écrites poliment sont perçues comme étant de meilleure qualité. | Ömürden Cengiz via Unsplash

«Sois poli et dis merci», nous a-t-on rabâché dès notre plus jeune âge. Depuis, armé·es de nos plus belles formules de politesse, nous combattons les goujats et les mal élevé·es à grands coups de s'il vous plaît, monsieur, madame, auriez-vous l'amabilité? Nous ne jurons que par le conditionnel et le vouvoiement, respectons les codes et les faisons implacablement appliquer. Pourtant, la politesse, cette preuve irréfutable de la bonne éducation, permettrait de raconter des bobards en toute impunité. La vérité? Qu'importe, du moment qu'on est poli·e.

Confiance accordée si on nous parle poliment

Un savoir enrobé dans de belles tournures aura l'air plus légitime que la même information exprimée dans des termes informels, démontre une étude menée par Shun-Yang Lee, Huaxia Rui et Andrew Whinston, publiée dans le journal académique MIS Quartlerly. Ils ont analysé les échanges sur le site de questions/réponses Stack Exchange, similaire à Quora, sur lequel des internautes inscrits librement posent une question et où n'importe qui peut y répondre. Sur cette plateforme, il n'y a donc ni vérification, ni certification des réponses: c'est notre seul bon sens qui donne (ou pas) à LoïcDu69 la crédibilité d'un universitaire de renom. En conséquence, pourquoi et comment nous faisons confiance à LoïcDu69 permet de comprendre quels biais nous influencent quand nous accordons de la légitimité à une parole.

Résultat des courses: pour la question qui traite de ce qu'il y a à l'ouest de Westeros comme pour celle sur la force gravitationnelle entre les nombres, le schéma est le même: on accordera davantage de confiance à une réponse polie et bien formulée. Selon les chercheurs, «les réponses écrites poliment sont perçues comme étant de meilleure qualité». Et c'est la linguisitique qui nous l'explique.

Le «tu» qui tue

Les pronoms sont au cœur de nos interactions. «Je», «tu», «nous» nous définissent par rapport aux autres. Mais on ne dit pas «tu» à n'importe qui! Il suffit parfois d'un «tu» pour se sentir attaqué·e, menacé·e dans son statut. Ainsi les profs exigent le vouvoiement parce qu'on n'est pas là pour être copains. En témoigne l'étude du MIS Quarterly: les réponses qu'on accepte sont celles où il y a le moins de marques de familiarité. Attitude éclairée par les notions de «face et territoire», établies par les linguistes Brown et Levinson en 1987: par l'impolitesse, notre face (l'image que nous renvoyons) et nos territoires (notre moi gardé) se sentent attaqués. Nous réagissons donc par le rejet. Symétriquement, nous accueillons la politesse favorablement. C'est pourquoi on fait plus facilement confiance à la personne qui nous répondra poliment.

Si les bonnes manières ne sont écrites nulle part (sauf dans ce livre qui repose paisiblement à côté de Comment être une bonne épouse dans la bibliothèque de Mamie), elles sont cependant comme gravées dans la pierre. Ne pas en faire partie, c'est n'être pas considéré·e.

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