Santé / Monde

Les États-Unis veulent interdire un service d'IVG médicamenteuse à distance

Temps de lecture : 2 min

Les autorités sanitaires ciblent une association qui envoie des médicaments pour avorter par courrier et assure un suivi via téléconsultation.

Une manifestation contre l'interdiction de l'avortement en Alabama, le 19 mai 2019. | Julie Bennett / AFP 
Une manifestation contre l'interdiction de l'avortement en Alabama, le 19 mai 2019. | Julie Bennett / AFP 

Les lois récentes interdisant ou restreignant l'avortement en Alabama, en Ohio et en Georgie sont contraires au droit américain (arrêt Roe v. Wade) et seront probablement bloquées par des tribunaux fédéraux avant d'entrer en vigueur. Il n'en reste pas moins que l'accès à l'avortement dans ces régions du pays est devenu très difficile. Il y a désormais six États américains qui n'ont plus qu'une clinique d'avortement pour toute la population, et de nombreuses lois locales requièrent plusieurs rendez-vous et examens avant de pouvoir obtenir la procédure.

Cela rend l'accès à l'IVG coûteux et compliqué, et c'est dans ce contexte qu'en septembre 2018, la médecin néerlandaise Rebecca Gomperts a mis en place le site Aid Access pour aider les femmes à obtenir les médicaments et le suivi nécessaires à une IVG sans danger aux États-Unis, pour une somme raisonnable (85 euros ou moins selon les revenus des patientes). Après une téléconsultation, les femmes (qui doivent être enceintes de moins de neuf semaines) peuvent recevoir des comprimés par la poste.

Le Dr. Gomperts s'était jusqu'ici concentrée sur les pays où l'avortement est complètement illégal, mais elle a reçu des milliers de mails d'Américaines demandant de l'aide, ce qui l'a convaincue de monter cette nouvelle association.

Or en mars, la Food and Drug Administration, l'autorité américaine de régulation des médicaments, a demandé à Aid Access d'arrêter d'envoyer du mifépristone et du misoprostol aux États-Unis. Même si ces médicaments sont techniquement légaux aux États-Unis, il peut être difficile et coûteux de se les procurer et la FDA veut limiter leur achat en ligne.

Pourtant, le Congrès américain des obstréticiens et gynécologues soutient cette approche via téléconsultation: «Ce modèle améliore l'accès aux avortements de premier trimestre dans les régions sans professionnels médicaux adaptés.»

Rebecca Gomperts a déclaré qu'elle continuerait à procurer ces services malgré l'avertissement de la FDA. Son avocat a répondu aux autorités en expliquant que leur interdiction était une «violation des droits constitutionnels des patientes du Dr. Gomperts aux États-Unis».

Slate.fr

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