Sciences / Société

La façon de mener un sondage sur le réchauffement climatique influence les réponses

Temps de lecture : 2 min

C'est ce que démontre une étude américaine.

On ne nous dit pas tout (dans les questions qu'on nous pose). | Helloquence via Unsplash
On ne nous dit pas tout (dans les questions qu'on nous pose). | Helloquence via Unsplash

L'art du sondage est bien souvent malmené, en particulier s'il a une dimension politique. Les enquêtes d'opinion sur le réchauffement climatique n'échappent pas à la règle. Car sous l'apparente objectivité des chiffres se cachent des mécanismes psychologiques complexes, qui vont à l'encontre d'une vision scientifique du phénomène. C'est ce qu'une étude américaine démontre en proposant deux types de sondages visant à répondre à une seule et même question: «Croyez-vous au réchauffement climatique?»

Deux sondages, deux positions

Sur les 7.000 personnes interrogées aux États-Unis, seulement 50% des réponses sont positives pour le premier sondage, contre plus de 70% pour le second. Auprès des personnes affiliées au Parti républicain, le taux chute à 29% contre 60%. En d'autres termes, en dépit de leur opinion politique, une majorité d'Américain·es ne refusent pas l'existence du réchauffement climatique: on leur a simplement posé la question de manière différente.

Pourquoi un tel fossé entre les réponses? Ce qui change principalement, c'est la façon de renseigner la personne sondée sur les questions posées et de lui donner les outils pour répondre avec nuance. Deux points de contraste sont ainsi établis par l'équipe de recherche:

  • Comment nous exprimons ce que nous savons. Ainsi, le premier sondage fait appel aux techniques habituelles de réponses fermées (QCM) quand le second utilise ce qu'on appelle une échelle d'acceptation. La personne interrogée lit un texte riche en informations et se place plus ou moins en accord avec les données, de sorte qu'on y lira plus de nuances que si elle répondait à un simple QCM.
  • Comment nous exprimons ce que nous ne savons pas. Pour cela, l'équipe instaure dans le second sondage les notions de «light don't know» et de «hard don't know» («j'ai quelques connaissances sur la question» et «je ne sais rien du tout»). La personne sondée donne alors un avis plus complet que si elle choisissait de «passer la question», comme dans le premier sondage.

Galimatias statistique pour certains, il se trouve que ces biais ont une importance majeure pour la question environnementale. «Si nous voulons comprendre pourquoi le public s'oppose ou soutient différentes mesures politiques sur le climat, nous avons besoin de comprendre les opinions sur la science du climat», explique Matthew Motta, à la tête de l'expérience. Et peut-être ainsi, ne plus répondre noir ou blanc.

Slate.fr

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