Sciences / Tech & internet

Il est tout à fait humain de s'énerver contre son wifi

Temps de lecture : 2 min

Lorsque nous devons affronter des frustrations aussi triviales qu'une panne d'internet, rationalité et logique sont balayées.

L'animal qui sommeille en nous se réveille au moindre bug de wifi. | Norbu Gyachung via Unsplash
L'animal qui sommeille en nous se réveille au moindre bug de wifi. | Norbu Gyachung via Unsplash

Nous marchons sur deux jambes, nous habillons, aimons l'art et nous délectons des joies de l'esprit d'un livre bien écrit: loin de nous l'idée de nous considérer comme des animaux guidés par leur seul instinct. Mais imaginez-vous au moment-clé de cet épisode final tant attendu –le dernier de Game of Thrones, par exemple, à cet instant précis où une unique pensée vous habite tout entier: que va-t-il se passer? Imaginez que soudain, l'image se gèle sur le visage de votre héros et qu'une triste conclusion s'impose: le wifi ne fonctionne plus.

Un événement d'une triste banalité qui peut pourtant produire un fort sentiment de rage, comme un animal pris au piège qui lutterait pour sa vie pour s'en délivrer. Mais nous ne pouvons ni mordre, ni griffer notre box wifi, cet ennemi carré qui nous fixe de ses deux LED rouges. Ainsi émerge, selon le Dr Douglas Fields, neurologue aux Instituts américains de la santé, une frustration bestiale.

Liberté contrainte

Dans son livre Pourquoi nous craquons: comprendre le circuit de la rage dans notre cerveau, il recense plusieurs facteurs qui nous font perdre la raison, ces déclencheurs de nos pulsions primaires. Celui qui est à l'œuvre dans la panne de wifi est, explique-t-il, le «stopping trigger». Il décrit une situation où notre liberté est contrainte, stoppée par un facteur externe: le piège pour l'animal, le lag du wifi pour nous: «Les animaux lutteront violemment pour échapper aux contraintes, jusqu'à se ronger la patte s'ils sont pris dans un piège. Les humains ne sont pas différents, affirme le chercheur. Le fait d'être attaché, coincé, emprisonné ou empêché de poursuivre ses désirs déclenchera cette poussée de rage. L'émotion qui l'accompagne est la frustration.»

Un peu comme lorsqu'on est coincé dans un bouchon ou un ascenseur. La seule issue consiste alors à essayer d'agir: d'où la personnification de l'objet de nos tourments, en hurlant sur sa box –«Pourquoi tu me fais ça?!»–, en pestant contre les feux rouges ou en tambourinant sur les portes de l'ascenseur.

Selon Fields, la seule issue pour nous sortir de cet état de rage serait de reprendre le contrôle. Et quand c'est impossible, de respirer un grand coup.

Slate.fr

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